Demandez à un expert

Des professionnels de musées vous répondent!

Vous êtes-vous déjà fait une observation sur quelque chose et vous vouliez en savoir plus? Partout au Nouveau-Brunswick, des esprits curieux envoient leurs questions aux experts de nos différents départements. Nous vous invitons à suivre notre blogue « Demandez à un expert », où chaque mois, nos spécialistes vous donnent des informations de première main sur tout ce qui concerne le Nouveau-Brunswick!

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Nous répondons à vos questions sur tout ce qui concerne le Nouveau-Brunswick sur notre blogue « Demandez à un expert »!

Q. Combien y a-t-il d’espèces différentes de champignons au Nouveau-Brunswick et combien sont vénéneuses?

Nous avons transmis ces questions à notre expert, Alfredo Justo, Ph. D., conservateur en botanique et en mycologie au département d’histoire naturelle du MNB.

R. Voici sa réponse : Nous n’avons pas encore de quantification définitive, mais nos estimations les plus probables font état de 2 500 à 3 000 espèces de champignons au Nouveau-Brunswick. Au cours des prochaines années, la recherche mycologique sera une priorité majeure du département d’histoire naturelle du MNB. L’herbier du Musée contient approximativement 9 000 spécimens de champignons, ce qui représente environ 600 espèces; autrement dit, il nous en manque encore beaucoup! La plupart des champignons ne sont ni comestibles ni toxiques et environ 20 % des espèces peuvent rendre malade en cas d’ingestion. Certains sont mortels, comme « l’ange de la mort » illustré ici (Amanita bisporigera).


Photo provenant des collections d’histoire naturelle du MNB qui illustre un ange de la mort (Amanita bisporigera), un champignon très vénéneux et mortel.

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Q. J’ai découvert cette chose très colorée qui poussait sur une souche de notre terrain. Qu’est-ce que c’est?

Nous avons posé la question à notre expert, Alfredo Justo, Ph. D., conservateur en botanique et en mycologie au département d’histoire naturelle du MNB.

R. Voici sa réponse : Le mot « coloré » est tout à fait indiqué pour ce champignon! C’est un « polypore des teinturiers » (Phaeolus schweinitzii). Il doit son nom usuel à l’une de ses utilisations pratiques : la teinture de la laine pour fabriquer des vêtements ou des ornements colorés. Ce polypore est recherché pour ses magnifiques pigments bruns et jaunes utiles dans la fabrication de teinture naturelle. D’un point de vue écologique, il joue des rôles importants dans la nature : il vit en parasite sur les arbres (particulièrement les conifères), puis agit comme décomposeur du bois en recyclant tous les végétaux morts, entretenant ainsi le cycle mondial du carbone.


« Polypore des teinturiers » (Phaeolus schweinitzii)

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Q : Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les lucioles brillaient la nuit? Au Nouveau-Brunswick, on aperçoit souvent leur clignotement verdâtre autour des feux. Nous avons posé la question à notre expert, Donald McAlpine, Ph.D., directeur du Département d’histoire naturelle et chef de notre section Zoologie.

R : Voici sa réponse :
« Au Nouveau-Brunswick, les soirées chaudes et humides en juin et juillet peuvent prendre des allures magiques grâce à la lueur des lucioles. On dénombre dix espèces de lucioles indigènes à la province; quatre d’entre elles ne brillent pas, mais les six autres, oui, et ce pour plein de raisons différentes. Mais c’est avant tout une question de communication : les mâles attirent les femelles et ces dernières leur répondent en émettant des signaux. Certaines espèces utilisent aussi leur lumière clignotante pour attirer leurs proies, d’autres pour décourager leurs prédateurs (les lucioles n’ont pas très bon goût, apparemment…). Ici, les larves de luciole se nourrissent d’escargots terrestres et de vers de terre, mais les individus adultes ne se nourrissent généralement pas du tout. Et il y en a qui s’alimentent en suçant la sève des plantes ou qui imitent le signal lumineux d’autres espèces pour attirer les proies mâles… et les manger. »

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Les experts du Musée du Nouveau-Brunswick ont réponse à tout, et notamment à la question qui suit!

Q : Victoria, 6 ans, demande… : Comment les sangsues se collent-elles aux gens? Ont-elles des petites dents tranchantes?

R : Donald McAlpine, Ph. D., conservateur en zoologie au MNB, explique… : Les sangsues ont en effet de petites dents acérées qu’on appelle des denticules, réparties sur trois rangées. Fonctionnant comme de petites scies, ces « mâchoires » font un mouvement de va-et-vient qui crée une petite incision. L’aspiration produite autour de ces mâchoires permet à la sangsue de rester attachée à un hôte, tandis que l’injection d’un anticoagulant empêche le sang de coaguler pendant que la sangsue s’alimente et digère. Toutes les sangsues du Nouveau-Brunswick (il en existe 20 à 30 espèces) ne se nourrissent pas de sang. Certaines s’alimentent de mollusques aquatiques, de vers, et même d’autres sangsues. Parmi celles qui se nourrissent de sang, plusieurs mangent principalement des poissons ou des amphibiens. Il en existe même une qui se nourrit principalement du sang des canards.

Il y a différentes espèces de sangsues au Nouveau-Brunswick. Certaines d’entre elles ont tendance à se nourrir des animaux qui entrent dans l’eau, dans « l’habitat des sangsues ». Grâce à ses études sur le terrain sur les mollusques et les libellules dans le marais de Nerepis, Donald McAlpine, Ph. D., conservateur en zoologie au MNB, a considérablement enrichi la collection de sangsues du MNB!

Une étudiante du MNB montre une grande sangsue Haemopis sanguisuga, une espèce qui se nourrit de mollusques et de vers, plutôt que de sang, à l’occasion d’une étude sur le terrain dans le marais de Nerepis, dans le bas du fleuve Saint-Jean.

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En témoigne cet échange :

Q : Jérôme, 11 ans, demande : En ce moment, j’apprends les pourcentages et je cherche des exemples concrets. Quel est le pourcentage (à peu près) des tableaux exposés dans les galeries d’art du MNB qui sont toujours dans leurs cadres d’origine?

R : Peter Larocque, conservateur en art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick répond : Actuellement, il y a 104 œuvres encadrées dans les galeries d’art. Sur ce nombre, 12 ne sont pas dans leurs cadres d’origine, ce qui veut dire que 92 sur les 104 (88,46 %) le sont. Donc, 12 œuvres sur 104 (11,53 %) ont un cadre non d’origine.

Le MNB essaie, dans la majorité des cas, d’exposer les œuvres dans leurs cadres d’origine. Il arrive que certaines nous arrivent non encadrées, auquel cas nous choisissons un cadre qui s’intègre bien à l’œuvre et à l’époque. Il arrive aussi que nous recevions des œuvres dont les cadres sont endommagés ou trop instables pour les exposer. Si le traitement de conservation-restauration permet de stabiliser le cadre d’origine, alors on l’utilise. Mais s’il est trop fragile, il est démonté et conservé, ce qui nous permet d’avoir accès aux informations qui y sont contenues et, peut-être, d’envisager un éventuel traitement plus poussé.

John Hammond (Canadien, 1843 – 1939)
tableau : Moonrise, 1907
huile sur carton rigide
32,9 x 41,7 cm
cadre : 51 x 60 cm
Don d’Elizabeth McNally, 1984 (34048)

Ce cadre sophistiqué (très en vogue à l’époque de la réalisation de l’œuvre) fut vraisemblablement choisi par l’artiste.
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FAQ :

Q : Lacey (8 ans) veut savoir… Quand je marche dans le bois derrière chez moi avec ma famille, il m’arrive de voir de vieux bout de bois colorés d’un beau vert (on dirait de la teinture ou du colorant) comme dans cette photo?

R : M. Alfredo Justo, PhD, conservateur en botanique et mycologie au MNB explique… Cette couleur verte du bois provient d’un champignon, le Chlorociboria aeruginascens, une sorte de champignon à pigment vert appelé pézize verdissante ou pézize turquoise. En anglais on l’appelle parfois elf cup (littéralement traduit, coupe de lutin). Il pousse sous l’effet de la décomposition de branches ou troncs d’arbres morts qu’on voit sur le sol dans la forêt. Ce processus entraîne cette coloration verte si caractéristique. C’est un exemple du rôle écologique très important des champignons dans les écosystèmes forestiers : un recyclage continu de la matière végétale. Pendant la saison des champignons, on retrouve celui-ci en forme de coupelles d’un vert vif. Voici une photo des Collections d’histoire naturelle du MNB, montrant un nid de guêpes qu’elles ont construit avec du bois pigmenté vert.

Autres liens utiles pour se renseigner davantage :

https://www.mushroomexpert.com/chlorociboria_aeruginascens.…

https://botit.botany.wisc.edu/toms_fungi/jul2008.html

https://en.wikipedia.org/wiki/Chlorociboria_aeruginascens

https://www.mycoquebec.org/bas.php…

Une photo des Collections d’histoire naturelle du MNB, montrant un nid de guêpes qu’elles ont construit avec du bois pigmenté vert.