22 février 2017

Fonds du 150e du Canada: un immeuble de bureaux plutôt qu’un musée

Par Mathieu Roy-Comeau  

Un député de l’opposition officielle s’interroge sur les dépenses du gouvernement provincial à l’occasion du 150e anniversaire du Canada.

Le progressiste-conservateur Trevor Holder remet en question la décision du gouvernement d’investir plusieurs dizaines de millions de dollars dans la rénovation de l’édifice du Centenaire au centre-ville de la capitale provinciale.

Alors que le pays célèbre le 150e anniversaire de la Confédération, ne serait-il pas plus à propos de sauver le Musée du Nouveau-Brunswick de son état de détérioration avancée, suggère le député de la région de Saint-Jean..

«Nous célébrons le 150e anniversaire de notre pays et nous avons le plus vieux musée en opération continue au Canada et des artéfacts qui sont en danger dans les installations actuelles.»

«Je ne nierai pas que l’édifice du Centenaire est un excellent exemple d’architecture moderne. C’est une question de priorité. On ne peut pas tout faire», constate le M. Holder.

Le Musée du Nouveau-Brunswick est à la recherche d’un nouveau domicile pour ses expositions et pour ses archives qui sont hébergées dans deux bâtiments à Saint-Jean qui sont jugés désuets.

Le bâtiment des archives qui date de 1930 ne possède pas les installations adéquates pour protéger et conserver les artéfacts historiques alors que les locaux d’exposition sont mal adaptés et trop petits.

Le projet de transformation de l’édifice du Centenaire d’une valeur de 76 millions $ prévoit l’aménagement d’un nouveau palais de justice dans l’aile arrière du bâtiment et la rénovation de la partie avant pour abriter des bureaux du gouvernement provincial.

Le bâtiment de style moderne international de six étages a été construit en 1967 pour marquer le 100e anniversaire de la Confédération.

Les gouvernements provincial et fédéral ont prévu plusieurs millions de dollars dans leurs budgets cette année pour célébrer le 150e anniversaire du pays. Le montant exact en ce qui concerne le Nouveau-Brunswick n’est cependant pas clair.

Selon un porte-parole du ministère des Transports et de l’Infratructure, Fredericton a mis de côté des «fonds supplémentaires» pour réhabiliter certaines infrastructures qui ont une «importance culturelle ou historique particulière» dans le cadre du 150e anniversaire.

Le projet de l’édifice du Centenaire, le sauvetage de l’Institut de Memramcook et les travaux au parc de Minister’s Island font notamment partie de ces infrastructures.

Le ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture, John Ames, a défendu la décision de son gouvernement au sujet de l’édifice du Centenaire lors d’une mêlée de presse en marge de la présentation des prévisions budgétaires de son ministère, mardi.

«L’édifice du Centenaire occupe une place spéciale chez les Néo-Brunswickois et les Canadiens. Nous voulons nous assurer qu’il conserve la valeur qu’il avait lors du centenaire de la Confédération. Cet anniversaire est une bonne occasion pour assurer sa pertinence», a-t-il indiqué.

Quant à l’avenir du Musée du Nouveau-Brunswick, M. Ames dit vouloir prendre le temps de bien faire les choses.

«Il y a beaucoup d’aspects dans ce dossier. Nous ne pouvons pas faire les choses à moitié concernant l’avenir du Musée. Ce musée est extrêmement important pour les Néo-Brunswickois», a-t-il dit.

Le ministre n’était pas en mesure de préciser ce qui est advenu d’une demande de proposition émise en 2014 par le précédent gouvernement pour trouver de nouveaux locaux au Musée ou pour rénover les installations existantes.

Bien que le Musée et ces employés sont sous sa responsabilité, les bâtiments gouvernementaux relèvent du ministère des Transports et de l’Infrastructure.

En plus des projets d’infrastructures déjà mentionnés, le ministère du Tourisme prévoit dépenser 5 millions $ en 2017-2018 pour «organiser une série d’initiatives» en lien avec le 150e anniversaire dont les détails n’ont pas encore été déterminés, selon le ministre.

La Société de développement régional dépensera quant à elle jusqu’à 3,6 millions $ dans le cadre du 150e pour financer des projets d’embellissement des centres-villes des municipalités de taille moyenne.