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Collections

Un collier fabriqué par le soldat Charles Morgan ajouté aux collections du Musée du Nouveau-Brunswick

Un trésor modeste à l’histoire remarquable

Grâce à la générosité de Wendy Jacobson de Newport, en Virginie, le Musée du Nouveau-Brunswick a récemment ajouté à ses collections un collier modeste, mais riche d’histoire. Vu à l’image 1, ce collier a été fabriqué par le soldat Charles Henry Morgan (1886-1967), engagé dans l’armée canadienne en septembre 1914, qui l’a probablement confectionné dans le cadre d’exercices de physiothérapie durant son rétablissement d’une grave blessure causée par une balle reçue dans le dos le 9 février 1916. M. Morgan a passé le reste de la guerre à récupérer dans des hôpitaux en Angleterre et au Canada, avant d’être démobilisé le 4 novembre 1918 à Fredericton, au Nouveau-Brunswick.

Un cadeau pour une enfant

Ce collier de 66 × 1 cm en perles de verre et laiton à facettes avec coton a été fabriqué entre 1916 et 1918. Les créations artistiques des soldats de la Première Guerre mondiale (artisanat des tranchées, objets fabriqués pendant une rééducation, etc.) sont relativement rares dans les musées. Hormis une poignée de bracelets d’identification et quelques médaillons et épingles, cet aspect de la guerre n’est pas bien documenté dans les collections du Musée du Nouveau-Brunswick. Des photographies de l’intérieur de l’hôpital militaire de Fredericton montrent des soldats en train d’accomplir diverses tâches et de recevoir des traitements, mais aucune ne témoigne explicitement de l’emploi de l’artisanat comme thérapie pour la rééducation, comme le fait ce perlage.

A Gift to a Child

Ce collier revêt une importance particulière, car il a été offert en 1918 à la petite Muriel Palmer Taylor Jacobson (1914-2020), alors âgée de quatre ans, après la démobilisation du soldat Charles Henry Morgan et son retour au service de la famille Taylor sur la ferme familiale près de Florenceville, au Nouveau-Brunswick.

Muriel Jacobson a conservé précieusement le collier toute sa vie. Alors qu’elle avait plus de 100 ans, elle a écrit :

« Je suis née au début de la Première Guerre mondiale. Un jeune homme de 18 ans, Charlie Morgan, vivait alors chez mes parents comme un membre de la famille. Il n’avait, paraît-il, ni famille ni proches. Il avait 14 ou 15 ans lorsqu’il est arrivé à notre ferme, à la recherche de travail. Mes parents en ont fait un membre de la famille, et mon père lui a enseigné des techniques de travail. Je crois qu’il s’est engagé dans l’armée canadienne au début de la guerre… Il a fabriqué deux colliers de perles qu’il a rapportés à Vivian [ma sœur aînée] et à moi. Je me souviens très clairement de son retour chez nous, le seul foyer qu’il avait. Il était à peu près aussi grand que mon père, mais très fluet. Il portait des vêtements kaki. J’étais une petite fille de 4 ans et j’étais assez intriguée par ses bandes molletières, vite remplacées par des pantalons. Il a vécu chez nous jusqu’à ce qu’il décide de faire sa vie de son côté. »

Une fenêtre sur l’expérience personnelle de la guerre

Ce collier n’est pas simplement un objet décoratif, c’est un lien tangible avec les expériences personnelles vécues par les soldats pendant et après la Première Guerre mondiale. Il témoigne du recours aux activités d’artisanat comme interventions thérapeutiques pour les soldats blessés, qui les aidaient à retrouver leur dextérité et leur concentration au cours de leur rétablissement. De plus, il offre un aperçu des relations sociales et des liens qui se tissaient entre les soldats et ceux qui leur apportaient un soutien avant et après leur service.

Du fait de sa préservation, ainsi que sa provenance bien documentée et les souvenirs personnels de la centenaire l’ayant reçu, ce collier est un ajout particulièrement précieux à la collection du Musée du Nouveau-Brunswick. Il aide à raconter non seulement l’histoire militaire du Nouveau-Brunswick, mais aussi celle des attaches humaines qui ont permis aux gens de traverser les épreuves de la guerre et de la guérison.

Image 1 : Charles Henry Morgan, Canadien, né en Angleterre, 1886-1967, collier, 1916-1918, perles de verre et de laiton facetté avec coton, ensemble : 66 × 1 cm, Don de Wendy Jacobson, 2022 (2022.13), Collection du Musée du Nouveau-Brunswick