Monter l’œuvre en se souciant de sa préservation : un défi
L’équipe du Musée a décidé que la pièce devait être montée pour l’exposition avant son envoi. Vu la nature délicate et l’état impeccable de l’artéfact, l’équipe voulait éviter de coudre le tissu sur le support de présentation ou d’utiliser des adhésifs; il fallait donc trouver une méthode de fixation mécanique. Ensemble, Dee Stubbs-Lee, restauratrice du Musée du Nouveau-Brunswick, Peter Larocque, conservateur en chef, Cheryl Thorne, gestionnaire des collections, et Michelle Hébert, adjointe aux collections de sciences humaines, ont trouvé une solution rapide, peu coûteuse et efficace, faisant appel à la friction et à des matériaux déjà disponibles.
Un processus de fixation innovant
Comme on le voit à l’images 2-4, l’équipe a réutilisé un tube en carton rembourré, recouvert de jersey chirurgical, qui avait été préparé pour une précédente exposition de textiles. L’approche créative trouvée par l’équipe comprenait plusieurs étapes cruciales :
- D’abord, on a taillé du Tyvek sur une longueur de 30 cm, soit de 4 cm plus large que le panneau de tissu.
- On y a taillé cinq bandes parallèles dans le sens de la largeur, espacées de 2 cm et s’arrêtant à 2 cm des bords.
- Ces bandes ont été agrafées au rouleau recouvert de jersey.
- Puis, on les a entrelacées à l’extrémité supérieure de l’artéfact, alternativement au-dessus et au-dessous du Tyvek.
- L’artéfact en tissu a ensuite été enroulé autour de son rouleau pour le sécuriser, permettant à l’extrémité libre de tomber à la longueur exacte convenue par la galerie McCain et le Musée du Nouveau-Brunswick pour l’exposition.
- Pour empêcher que le rouleau ne se déroule plus que nécessaire, un bouchon de ruban sergé a été cousu sur le dessus.
- Les œillets à vis des embouts en bois du rouleau ont été ajustés à l’angle approprié pour être attachés à des crochets qui seraient installés au plafond afin d’équilibrer le textile dans la bonne position.
- Le bord libre restant du textile a ensuite été doublé de papier de soie sans acide et enroulé autour du rouleau.
- Enfin, le tout a été fixé à l’aide d’attaches de ruban sergé et emballé dans une enveloppe protectrice composée de tissu et de polyéthylène transparent pour le protéger pendant le transport.
Considérations pour l’exposition
Finalement, des consignes détaillées d’installation et de désinstallation ont été rédigées pour accompagner le constat d’état préalable au transport et l’œuvre elle-même lorsque le tout a été acheminé à la galerie par messagerie. Grâce à ces préparatifs rigoureux, cette œuvre textile délicate a pu être exposée sans risque d’endommager son tissu historique.
Cette solution aux problèmes posés par la fixation d’une telle œuvre démontre comment les professionnels muséaux peuvent collaborer pour surmonter les défis de l’exposition en développant des approches à la fois soucieuses de la préservation et efficaces. Cette méthode de fixation par friction constitue une solution de rechange aux techniques de fixation susceptibles d’endommager des textiles délicats, permettant ainsi l’exposition de ces fragiles artéfacts et leur appréciation par le public, tout en assurant leur conservation à long terme.