Chaque nom gravé sur un monument commémoratif de guerre représente un récit de service et de sacrifice. Le lieutenant Arthur Clair Gilmour, de Saint John, a abandonné sa carrière, laissé derrière lui une jeune épouse et un fils encore nourrisson, et finalement donné sa vie en effectuant des missions de reconnaissance par-dessus les lignes ennemies en 1918.
Ses effets personnels, qui sont maintenant conservés au Musée du Nouveau-Brunswick, nous rappellent les vies individuelles qui se dissimulent derrière les statistiques de la guerre – celles des citoyens qui ont répondu à l’appel de leur pays et ne sont jamais revenus chez eux.
Arthur Clair Gilmour est né à Saint John (Nouveau-Brunswick) le 26 mai 1893. Il était le fils d’Arthur Burrell Gilmour et de Helen Bertha Jenks. [1] Avant que n’éclate la Première Guerre mondiale, M. Gilmour a été tour à tour drapier et fabricant de meubles, et a aussi servi dans la milice active au sein du 62e régiment (« The Saint John Fusiliers »).
On peut voir dans les images 1 et 2 deux bracelets d’identité du 3rd Canadian Labour Battalion (3e Bataillon de travailleurs du Canada), datant de 1917. L’un est en laiton gravé (2,2 cm x 5,5 cm), et l’autre, en métal gravé (2,5 cm x 4,4 cm). Tous deux de fabricant inconnu, ils reposent maintenant au Musée du Nouveau-Brunswick grâce au don de Mme Peggy Gilmour Stephenson. Ces bracelets sont des témoins tangibles du service de guerre du lieutenant Gilmour.
M. Gilmour épouse Nellie Beatrice Williams le 26 avril 1915. Leur fils, Arthur Clair Gilmour Jr., est né le 3 octobre 1916. Gilmour père s’engage dans le Corps expéditionnaire canadien (CEC) le 20 janvier 1916, puis est intégré au 115e Bataillon et envoyé outre-mer à bord du S.S. Olympic, qui quitte Halifax (Nouvelle-Écosse) le 23 juillet 1916.
Le 9 février 1917, le lieutenant Gilmour est muté au 3e Bataillon de travailleurs canadiens, au sein duquel il sert jusqu’au 19 août 1917. [2] Il est ensuite détaché au Royal Flying Corps (précurseur de l’Aviation royale canadienne) le 19 février 1918, où il sert jusqu’à sa mort au champ d’honneur en mars de la même année.
Il meurt au combat le 6 mars 1918, lorsque son avion est abattu au cours d’une mission de reconnaissance où il devait prendre des photos aériennes des champs de bataille. En raison de l’incertitude régnant à l’époque, on a supposé que le lieutenant Gilmour n’était pas mort, mais que son appareil avait été abattu, puis qu’il avait été capturé et enfermé dans un camp de prisonniers de guerre (PG). [3] Son décès a été signalé par la Croix‑Rouge genevoise, et les informations concernant sa mort ont été récupérées auprès d’agences de presse allemandes. [4]
Un article rapporte que « … le lieutenant Gilmour était en mission de reconnaissance et prenait des photos lorsqu’il a été touché par des tirs allemands et qu’il (le pilote) s’est effondré dans le cockpit. Des témoins ont signalé que l’avion a rapidement perdu de l’altitude et s’est écrasé sur le dos avant de prendre feu. » [5]
Le lieutenant Arthur Clair Gilmour est mort au service de son pays en accomplissant l’une des missions les plus critiques qui soient, à savoir la collecte de renseignements aériens pour aider les troupes au sol. Il laissa dans le deuil sa femme, ainsi que le fils qu’il n’avait jamais rencontré. Un sens du devoir qui s’est soldé par une fin tragique.
Ces recherches ont été menées par Justys Wood, étudiant JCT au Musée du Nouveau-Brunswick.
Références
[1] « Statistiques de l’état civil tirées de documents gouvernementaux », Archives provinciales du Nouveau-Brunswick, Gouvernement du Nouveau-Brunswick, consulté le 9 septembre 2020, https://archives.gnb.ca/Search/VISSE/141A2_2.aspx?culture=fr-CA&guid=fdf35cff-5f09-47e4-a59c-2fd52a33a158
[2] “Personnel records of the First World War”, Library and Archives Canada, Government of Canada, accessed November 5, 2020 from https://central.bac-lac.gc.ca/.item/?op=pdf&app=CEF&id=B3553-S024
[3] « Projet Le Nouveau-Brunswick et la Grande Guerre », Archives provinciales du Nouveau-Brunswick, Gouvernement du Nouveau-Brunswick, consulté le 10 septembre 2020, https://archives.gnb.ca/Search/NBGWP/Details.aspx?culture=fr-CA&guid=407a3e11-e479-489a-bb25-827b43a7c48f&rn=8
[4] Ibid, consulté le 10 septembre 2020, https://archives.gnb.ca/Search/NBGWP/Details.aspx?culture=fr-CA&guid=beb563a8-e7f5-4d06-8d57-be6354a38c0a&rn=2
[5] Ibid, https://archives.gnb.ca/Search/NBGWP/Details.aspx?culture=fr-CA&guid=9ee89909-c6cf-42af-b378-5bb205f9f4f4&rn=5