Depuis sa première exposition, à l’âge de 15 ans, jusqu’à sa reconnaissance en tant qu’une des artistes les plus accomplies du Nouveau-Brunswick, Woodburn a navigué avec une détermination sereine le machisme du monde artistique. Ses tableaux, qui vont de la nature morte au portrait, sont non seulement de splendides images, mais des fenêtres ouvertes sur le rôle changeant des femmes dans la société canadienne du XIXe siècle.
En cette Journée internationale des femmes, le Musée du Nouveau-Brunswick salue l’œuvre et la vie d’Elizabeth Ann Ashfield Woodburn, une artiste néo-brunswickoise qui s’est taillé une impressionnante carrière en dépit des contraintes subies par les femmes de son époque.
Née le 9 octobre 1865 et décédée le 31 juillet 1945 à Saint John, au Nouveau-Brunswick, Elizabeth Ann Ashfield Woodburn est la fille de James Ramsay Woodburn, photographe, inventeur et confiseur originaire d’Écosse, et de Catherine Reid, descendante irlandaise de loyalistes de l’Empire-Uni.
Le talent artistique d’« Annie » Woodburn est très vite reconnu. Une de ses toutes premières œuvres sélectionnées pour l’exposition provinciale de 1880 à Saint John attire l’attention du correspondant du Daily Telegraph, impressionné par le « réalisme » de son tableau « Lys » (Saint John Daily Telegraph, 6 octobre 1880).
En 1885, elle commence à étudier à la Owens Art Institution de Saint John, sous la supervision du directeur John Hammond (1843-1939). Dans une publicité de l’école pour le deuxième trimestre de 1886-1887, elle est mentionnée à titre d’enseignante assistante. Elle le restera jusqu’à sa fermeture, en 1893, et participera à toutes les expositions annuelles et spéciales organisées par l’école. Après 1896, elle s’engage dans la section de Saint John de la Women’s Art Association of Canada (Association féminine de l’art du Canada) et prend part à ses expositions. L’image 3 montre une photographie historique intitulée Elizabeth Ann Ashfield Woodburn à son chevalet, dessinant un croquis (1890-1900), une épreuve à l’albumine qui capture l’artiste à l’œuvre.
Annie Woodburn part également étudier quelque temps à la Glasgow School of Art and Haldane Academy, en Écosse, et à la New York School of Art avec William Merritt Chase (1849-1916). De 1899 à 1910, elle donne des cours privés chez elle et entretient avec le Saint John Art Club une collaboration qui ne prendra fin qu’à son décès. En février 1909, ses œuvres font l’objet d’une exposition conjointe avec Marion Jack (1866-1954) à l’occasion d’une réunion mensuelle du Saint John Art Club.
Outre le dessin et la peinture, Annie Woodburn possédait un don hors du commun pour la photographie, révélé par certains de ses propres clichés. L’image 5 montre une photographie attribuée à Woodburn et intitulée Magasin Nevers à Lower Jemseg, Nouveau-Brunswick (v. 1900), qui démontre l’intérêt qu’elle portait à la documentation de scènes locales ainsi que ses habiletés techniques en tant que photographe.
L’œuvre d’Elizabeth Ann Ashfield Woodburn demeure célébrée au Nouveau-Brunswick, et plusieurs de ses pièces font partie de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick, conservant ainsi son legs artistique pour les générations à venir.