Derrière chaque courtepointe se cache une histoire; chaque fil recèle un souvenir, parle d’un moment capturé par les mains qui les ont cousus ensemble.
Au Musée du Nouveau-Brunswick, notre collection de plus de 400 courtepointes embrasse trois siècles, chacune d’entre elles ouvrant une fenêtre unique sur la vie de celles qui les ont créées – qu’elles soient simples couettes pratiques ou trésors de famille.
La collection de courtepointes du Musée du Nouveau-Brunswick remonte à 1927, lorsque le Musée a acquis sa première pièce de literie. Elle comprend maintenant 411 courtepointes et autres articles de literie.
Dans le passé, on considérait souvent les courtepointes comme étant des objets ménagers pratiques, dont la fabrication comptait parmi les tâches domestiques des femmes. Une tradition au Nouveau-Brunswick voulait que les fiancées préparent une douzaine de courtepointes pratiques pour leur trousseau, ainsi qu’une treizième plus élaborée. Cette tradition fit des courtepointes un élément banal du décor de nombreuses maisons. Cette tradition fit des courtepointes un élément banal du décor de nombreuses maisons.
Cependant, ce n’est qu’aux années 1960 et 1970 qu’on se mit à reconnaître que les courtepointes constituaient plus que de simples articles pratiques. Avec l’essor du mouvement féministe, on vit un renouveau d’intérêt pour l’artisanat traditionnel, comme la fabrication de courtepointes. Tout d’un coup, on envisageait les courtepointes sous un angle nouveau – comme des œuvres d’art ouvrant une fenêtre sur la vie des femmes qui les avaient fabriquées.
« De nos jours, notre perception des courtepointes s’est grandement élargie », commente Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick. « [Elles sont l’un] des moyens permettant de faire entendre la voix des femmes du passé ».
« Plus nous examinons les courtepointes, plus nous arrivons à nous faire une idée du mode de vie des femmes, de leur façon de travailler et de communiquer. Ces courtepointes sont devenues plus que des objets; on se rend compte qu’elles sont des témoignages. »
Parmi les plus anciennes courtepointes de la collection est une pièce entière de laine piquée et cousue à la main avec nappe ouatée en laine, datant d’entre 1770 et 1800. Trouvée à Campobello, dans le comté de Charlotte, au Nouveau-Brunswick, cette pièce remarquable fait partie de la Collection John Corey de textiles domestiques. L’image 1 montre cette courtepointe historique.
La collection comprend aussi une fascinante « courtepointe à pointes folles » fabriquée par Violette Emily Dibblee et Carlysle Eulalie Hopkins, à Saint John, au Nouveau-Brunswick, entre 1886 et 1888. Violette Emily Casey a épousé Beverley Newton Howard Dibblee le 29 mars 1886, et cette courtepointe insolite intègre des portraits de « Vie » et « Bev » sous forme de photographies imprimées sur la soie. Les images 2 et 3 montrent la complexité des détails et les éléments personnels uniques de cette extraordinaire création.
Family collaborations are also represented in the collection. On trouve aussi des collaborations familiales au sein de la collection. Une courtepointe de Celia Elizabeth Lapointe et William Edward Lapointe, de St Marys, dans le comté de York, au Nouveau-Brunswick, créée entre 1940 et 1950, démontre comment des couples mariés travaillaient parfois conjointement sur de tels projets textiles. Dans ce cas, le mari a dessiné sur le tissu des images que son épouse a par la suite brodées pour en faire une courtepointe. Les images 4, 5 et 6 montrent les résultats de cette œuvre collaborative mettant en vedette des personnages de bande dessinée comme Popeye et « Der Inspector » des Katzenjammer Kids.
Bon nombre des courtepointes du Musée sont des dons de John J. Corey, consultant en histoire de Butternut Ridge, à Havelock, qui a développé une spécialisation et un intérêt pour les textiles. Non seulement M. Corey collectionnait-il les courtepointes historiques, mais il en faisait confectionner selon ses propres dessins. Les images 7 et 8 présentent deux courtepointes apparentées : une « courtepointe tulipes » historique de Tressa Annie Thorne (1920-1930), et une autre avec des appliqués de Retta Lucy Hicks d’après le modèle plus ancien conçu par Thorne.
Bien qu’il possède une superbe collection de courtepointes historiques, le Musée du Nouveau-Brunswick s’efforce de la tenir à jour en y ajoutant des pièces contemporaines du Nouveau-Brunswick. La regrettée Kathy Coffin, membre de la Marco Polo Quilters Guild, avait suggéré au Musée du Nouveau-Brunswick d’enrichir sa collection en y ajoutant, tous les deux ans, une courtepointe contemporaine par l’entremise de l’exposition biennale de la guilde. Mme Coffin a créé et vendu un carré de courtepointe représentant l’emblème floral de la province, puis a utilisé l’argent de la vente de ce patron pour acheter la première œuvre primée du New Brunswick Contemporary Quilt Award (Prix de courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick), un prix biennal attribué par un jury.
« Chemins de fer dans une terre nordique » « Quand s’entrechoquent les compas »
Les images 9, 10 et 11 montrent les trois premières œuvres gagnantes du Prix de courtepointe contemporaine du Nouveau-Brunswick :
- « Railways in a Northern Land » [« Chemins de fer dans une terre nordique »], par Donna K. Young, Fredericton, N.-B., 2004
- « When Compasses Collide » [« Quand s’entrechoquent les compas »], par Juanita Allain, Riverview, N.-B., 2002-2006 (d’après Sheila Wintle)
- « Baltimore Bouquet » [« Bouquet de Baltimore »], par Gail Fearon, New Line, N.-B., 2011 (d’après Mimi Dietrich)
Le prix le plus récent a été décerné à « Baltimore Bouquet », par Gail Fearon de New Line, au Nouveau-Brunswick. Cette courtepointe reprend un style du milieu du XIXe siècle qui juxtapose différents modèles de carrés. Appelées courtepointes Baltimore Album, elles étaient très à la mode sur toute la côte Est. L’œuvre est un ajout particulièrement estimable à la collection du Musée, car celle-ci n’inclut aucun exemple historique de courtepointe Baltimore Album. L’image 12 montre cette courtepointe primée exposée au Musée avec (de gauche à droite) Gail Fearon, lauréate; Carolyn Wishart, présidente de la Marco Polo Quilters’ Guild; Peter J. Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick.