Le traitement de restauration d’une couronne commémorative de l’époque victorienne - MNB-NBM

Le traitement de restauration d’une couronne commémorative de l’époque victorienne

Le Musée du N.-B. a le plaisir de s’associer à la Direction du Patrimoine NB et au lieu historique Bonar Law, de Rexton, pour le traitement de conservation-restauration d’un objet unique.

Il s’agit d’une couronne commémorative de l’époque victorienne qui est exposée à Bonar Law, mais qui a subi l’effet du temps. La Direction du patrimoine du Nouveau-Brunswick a demandé l’aide du Musée pour examiner l’objet et en stabiliser l’état; la conservatrice-restauratrice Dee Stubbs-Lee s’empresse de relever le défi!

L’objet semblait dédié à la mémoire de trois enfants décédés en bas âge… une couronne faite de matière végétale séchée et de fleurs de cire, une carte commémorative imprimée et, dans un encadrement-boîtage rond, des mèches de cheveux des enfants. Il est évident que les conditions environnementales changeantes ont fait leur œuvre au fil des années. Le défi du Musée du Nouveau-Brunswick sera de faire la lumière sur l’histoire de la famille de ces enfants et de stabiliser l’état de la couronne pour qu’elle puisse demeurer à Bonar Law et continuer à servir à l’interprétation de l’histoire.


Pendant le traitement, couronne retirée du cadre.


Pendant le traitement, détail de la croissance des moisissures à l’intérieur du cadre.

La couronne commémorative de Bonar Law est arrivée au laboratoire de conservation-restauration du MNB, mais son état est préoccupant. Plusieurs problèmes se posent : accumulation d’années de poussière et de saleté dans la boîte-cadre; grandes fissures autour du périmètre intérieur de cet encadrement; clous desserrés; moisissures; papier acide très détérioré; fleurs de cire détachées et cassées ou fondues et déformées; matières végétales séchées fragiles, friables et déformées; support secondaire instable fait de couches de papier cartonné et de papier journal sur lesquelles les éléments de la couronne ont été cousus pour également former l’arrière du cadre; mèches de cheveux détachées et emmêlées des enfants commémorés par la couronne.

On en sait très peu sur la provenance de la couronne mortuaire de Bonar Law. La carte commémorative à l’intérieur de la couronne indique les dates de décès, l’âge au moment du décès ainsi que le prénom et l’initiale du deuxième prénom de chacun des trois jeunes frères et sœur (Henry, Edward et Mary) qui sont tous morts durant leur enfance. Cependant, on ne trouve aucune mention du nom de famille. Les dates de décès et les âges sont partiellement masqués par le déplacement d’éléments de la couronne endommagée, mais une manipulation minutieuse de l’objet au laboratoire de conservation-restauration du MNB a permis de révéler ces renseignements. Des recherches effectuées par Peter Larocque, conservateur au MNB, dans les registres provinciaux de l’état civil a déterminé que ces faits correspondent aux registres des décès des enfants de Joseph et Mary Crockett Seymour de Saint John. Peter a également pu estimer l’année de fabrication de la couronne à 1876 parce qu’une quatrième enfant, Lillian, est morte en janvier 1877. Malheureusement, un autre jeune membre de la famille, William John, est décédé en 1885.


La conservatrice-restauratrice Dee Stubbs-Lee utilise un aspirateur spécialisé pour enlever en douceur la poussière et les spores de moisissure de toutes les composantes de la couronne commémorative. Elle porte un équipement de protection individuelle et travaille sous une hotte en raison de la toxicité potentielle de la moisissure.


Les éléments intérieurs de la couronne après le premier nettoyage à sec et la séparation des pièces détachées et brisées.


Mèches de cheveux des trois enfants décédés attachées autour d’un pétale de rose en cire, après le nettoyage initial et le lissage.


La conservatrice-restauratrice Dee Stubbs-Lee élimine les moisissures qui se sont formées à l’intérieur du pourtour de la boîte-cadre.


La conservatrice-restauratrice Dee Stubbs-Lee nettoie et polit l’extérieur du pourtour de la boîte-cadre.


Grande fissure à l’intérieur de la boîte-cadre avant réparation.


Grande fissure à l’intérieur de la boîte-cadre après réparation.

La boîte-cadre a été démontée en vue d’être traitée et examinée de plus près; toutes les pièces ont été soigneusement nettoyées à sec à l’aide d’un aspirateur spécialisé, les moisissures qui s’étaient formées à l’intérieur ont été enlevées à l’aide d’éponges et de solvants de restauration, les fissures intérieures ont été remplies et repeintes et l’extérieur a été nettoyé et poli.


Vue de côté de l’intérieur du cadre montrant les fissures, causes de plusieurs problèmes.


Réparations en cours sur la partie intérieure du cadre.

Les travaux de restauration-conservation de la doublure en tissu de la boîte-cadre (enlèvement de moisissure et réparation et peinture de deux grandes fissures) sont maintenant terminés. Le cadre extérieur est en cours de préparation pour recevoir la nouvelle quincaillerie de suspension. L’ajout d’un support protecteur en carton ondulé en polyéthylène protégera l’objet des dommages physiques en cas d’impacts sur sa face arrière, ce qui assurera une meilleure protection contre les effets néfastes des fluctuations de température et d’humidité. Cela fournira également une meilleure défense contre la poussière, les spores de moisissure et les insectes.


Charnières en papier japonais appliquées pour fixer le support en carton à une sous-carte en carton d’archives.


La couronne est maintenant fixée à la sous-carte. Si vous regardez bien, vous pouvez voir les charnières en papier sur le pourtour, lesquelles seront bien cachées une fois le cadre reassemble.

Le fragile support d’origine sous la couronne est constitué de couches de papier et de carton collés qui se détériorent. Il a été fixé à une nouvelle sous-carte de qualité d’archives avec des « charnières » faites d’un papier japonais artisanal très léger mais solide, fixées à l’artéfact avec de la pâte à l’amidon de blé. Cette nouvelle couche de support permettra une manipulation sûre des fleurs en cire qui doivent encore être réparées et contribuera à renforcer l’artéfact réassemblé et la capacité de garder le tout étanche, ce qui contribuera à assurer sa préservation à long terme. Comme pour toutes les réparations de conservation qui sont effectuées au Musée, les matériaux utilisés sont soigneusement choisis de façon à éviter tout endommagement possible de l’artéfact. Chaque modification apportée par la personne qui effectue la restauration est clairement définie et documentée, et la totalité du traitement de conservation se veut réversible en tout temps si jamais d’autres problèmes survenaient.


Dee Stubbs-Lee, conservatrice-restauratrice, utilise des fils de soie pour remettre les mèches de cheveux des trois enfants décédés dans leur position originale, en boucle autour de la rosette de cire.


Dee Stubbs-Lee, conservatrice-restauratrice, a réparé et recollé les fleurs brisées et disloquées en utilisant de la soie dentaire cirée fondue, divers adhésifs de spécialité, un petit fer à coller et des instruments dentaires.


Les fleurs de cire et la couronne faite de matière végétale séchée sont maintenant réparées et les cheveux des enfants ont été remis en place.

Les étapes les plus exigeantes du traitement de conservation de la couronne commémorative portent sur les mèches de cheveux des enfants décédés et les délicates fleurs de cire. Ces réparations ont été effectuées sous une loupe à l’aide d’outils dentaires, chirurgicaux et de conservation, de cire dentaire et d’adhésifs de spécialité. Notre conservatrice-restauratrice doit avoir des mains adroites et sûres et une patience infinie!


L’assemblage de la couronne posé sur la nouvelle sous-carte a été installé avec la feuillure du cadre, par le dessous. Les nouveaux supports métalliques permettant de fixer la feuillure à l’intérieur du cadre extérieur sont visibles sur cette photo


Les nouvelles couches de support dont est munie la couronne encadrée ont été fabriquées à partir de Volara (une mousse de polyéthylène réticulé chimiquement stable) et de Coroplast (un carton ondulé en polypropylène chimiquement stable). En plus de protéger l’arrière de la couronne des dommages, ces matériaux serviront de tampons protecteurs contre les changements nuisibles de température et d’humidité relative et fourniront une protection supplémentaire contre la poussière et les insectes.


Les nouvelles couches de support dont est munie la couronne encadrée ont été fabriquées à partir de Volara (une mousse de polyéthylène réticulé chimiquement stable) et de Coroplast (un carton ondulé en polypropylène chimiquement stable). En plus de protéger l’arrière de la couronne des dommages, ces matériaux serviront de tampons protecteurs contre les changements nuisibles de température et d’humidité relative et fourniront une protection supplémentaire contre la poussière et les insectes.


La partie antérieure de la couronne (recto), après le traitement de restauration.

L’étape finale du traitement de restauration a consisté à réencadrer la couronne comme suit : la couronne a été insérée à l’arrière de la feuillure du cadre, par le dessous; le verre a été nettoyé et repositionné sur le panneau, puis stabilisé à l’aide d’un sceau de cire; le cadre extérieur a été abaissé sur la feuillure et le vitrage; le panneau a été fixé au cadre extérieur à l’aide de nouveaux supports métalliques; un support protecteur sur mesure et une nouvelle quincaillerie de suspension ont été fixés à l’arrière. L’ensemble du processus de traitement de restauration a pris plusieurs mois, mais a permis de nettoyer l’artéfact, de bien le protéger et de le rendre plus esthétique et plus stable. Il sera réinstallé au site Bonar Law de Rexton, au Nouveau-Brunswick.