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Le mont Sugarloaf

Reg Wilson, Géologue, Direction des études géologiques au Nouveau-Brunswick, Énergie et Mines, Nouveau-Brunswick

Je m’appelle Reg Wilson et je suis géologue à la Direction des études géologiques au Nouveau-Brunswick. Mon travail consiste à effectuer des levés cartographiques régionaux du sous-sol rocheux et à produire des cartes géologiques comme celle que vous voyez derrière moi.

Parmi les nombreux endroits où mon travail m’a mené, j’ai été dans la région de Campbellton, dont le point de repère le plus important est le mont Sugarloaf. La région de Campbellton repose sur des roches volcaniques de très grande épaisseur datant du Dévonien précoce, c’est-à-dire il y a plus de 400 millions d’années. Nombreux sont ceux qui, connaissant ce patrimoine volcanique, ou même ne le connaissant pas, croient que le mont Sugarloaf, avec sa forme conique distinctive, est en fait la cheminée par laquelle la lave et les cendres se sont jadis échappées.

En fait, ce n'est que partiellement exact. Il faut d’abord considérer que, selon certaines évaluations, une couche supplémentaire de 3 ou 4 kilomètres de roches volcaniques et sédimentaires a pu se déposer sur les roches formant la surface terrestre actuelle. L’érosion qui s’est produite sur des centaines de millions d’années, suivie d’un affouillement glaciaire pendant les périodes glaciaires récentes, a ensuite créé le paysage terrestre que l’on voit maintenant.

Le mont Sugarloaf est composé d’un porphyre dacitique. Il s’agit de magma qui s’est refroidi et cristallisé dans un neck volcanique (conduit) faisant partie du « réseau de plomberie » par lequel le magma est monté d’une salle ou cavité souterraine profonde jusqu’à l’ancienne paléosurface. Ces dacites sont plus dures que les roches environnantes et plus résistantes à l’érosion, ce qui explique pourquoi le mont Sugarloaf se distingue par des caractéristiques aussi marquantes.

Donc, chaque fois que vous observez un de nos paysages, gardez à l’esprit que ce que vous voyez est le produit d’une lente érosion qui s’est produite sur de très longues périodes. On retrouve des lambeaux d’érosion semblables ailleurs au Nouveau-Brunswick. Par exemple, dans la région de la Tobique, le pic volcanique Bald est également un porphyre dacitique qui s’est cristallisé dans un conduit volcanique.

L’épaisse ligne noire sur cette image représente la surface actuelle d’érosion du sol, à la suite de l’érosion d’une épaisse couche de roches volcaniques et sédimentaires qui, à une époque, la recouvrait. Le mont Sugarloaf se situerait donc ici, au niveau de ce conduit volcanique qui est composé de roche plus dure et résistante et qui se détache dans le paysage sous forme de pointe, comparativement à la roche avoisinante qui est plus tendre.

Cette image démontre bien ce que je tentais d’expliquer. Elle ne représente pas le mont Sugarloaf en particulier, mais donne un aperçu général du système magmatique subvolcanique qui alimente un volcan en lave. La partie qu’on voit en haut, ici, correspond aux roches qui recouvraient jadis la surface actuelle. La surface actuelle est maintenant devenue la surface d’érosion, délimitée par cette ligne noire, et le mont Sugarloaf est le neck volcanique de roche dure plus résistante à l’érosion.