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Fern Ledges

Randall Miller, Ph. D., Conservateur de recherche Géologie et paléontologie, Musée du Nouveau-Brunswick

Nous sommes ici au célèbre site fossilifère de Fern Ledges dans l’ouest de Saint John. Il fait partie de la formation de Lancaster. Il date du Carbonifère supérieur, il y a quelque 315 millions d’années, et doit sa célébrité à certains des fossiles découverts ici. En 1860, Fred Hartt, qui venait de devenir membre du Steinhammer Club, est venu ici avec ses amis. Ils ont récolté des fossiles de plantes et des fossiles extrêmement rares d’insectes, ainsi qu’un des plus anciens escargots terrestres du monde. Sir William Dawson, qui était leur mentor au Steinhammer Club et à ce qui allait devenir la Société d’histoire naturelle, a publié une partie de ces résultats. Il a également inclus certains des résultats du Steinhammer Club dans la deuxième édition d’Acadian Geology. C’est ainsi que le site a gagné en notoriété. Sam Scudder, aux États-Unis, un spécialiste des insectes, a décrit certains des fossiles d’insectes de ce site. En fait, la moitié des fossiles sont aujourd’hui à Harvard et l’autre moitié au Musée du Nouveau-Brunswick. Ces spécimens... Un de ces spécimens s’appelle Xenoneura antiquorum. Il avait un organe stridulatoire, c’est-à-dire qui produit un son. Dans certaines des premières publications du 19e siècle à propos de ce site, les auteurs décrivent les insectes stridulants des bois du Dévonien. Même Darwin a mentionné ce spécimen particulier.

À l’époque, les stratigraphes pensaient que les roches dataient du Dévonien à cause de leur structure, mais les paléobotanistes pensaient qu’elles étaient du Carbonifère supérieur, du fait de leur flore typiquement carbonifère. La controverse a duré de 1860 jusqu’aux alentours de 1900. Finalement, un Congrès international de géologie et une visite d’études au site allaient être organisés en 1913 et la Commission géologique du Canada, dont les membres travaillaient sur cette question, a décidé qu’il fallait résoudre le problème. Elle a donc fait appel à une spécialiste extérieure, Marie Stopes, qui était paléobotaniste, une des rares femmes actives dans ce domaine au début des années 1900. Elle a rédigé une monographie de paléobotanique qui est devenue un classique à propos de ce site. Elle a procédé à une nouvelle détermination de tous les fossiles végétaux et elle a mis en évidence l’âge carbonifère de ces roches. Marie Stopes est un personnage intéressant. Elle est venue ici, sur ces roches, vers 1910. Elle est connue comme sexologue, pas comme paléobotaniste. Elle avait une seconde carrière dans la planification familiale et la planification des naissances et elle est connue dans le monde entier pour son travail dans ces domaines.

Il est intéressant de noter qu’elle a publié la monographie de paléobotanique sur Fern Ledges en 1914 et qu’à peu près à la même époque, elle travaillait à un manuel sur la sexualité intitulé L'amour et le mariage, qui traite des relations entre l’homme et la femme dans le mariage. Ce site a été beaucoup visité entre les années 1860 et le début des années 1900.

Détail intéressant : l’organe stridulatoire décrit par Scudder à propos de Xenoneura n’en était finalement pas un. Un des fossiles les plus célèbres de Fern Ledges n’était donc pas ce qu’on pensait.