Le cri de la mésange

04. Le cri de la mésange

Le Couguar le l'Est au Nouveau-Brunswick

Le Couguar le l'Est En 1903, le naturaliste renommé William Ganong a reexaminé la documentation historique de la présence du Couguar ou Panthère, Felis concolor, dans la province et il a conclu qu'il n'y a pas un seul compte-rendu authentique d'une rencontre avec cette Panthère, actuelle ou passée, dans les limites de la province du Nouveau-Brunswick. Quoiqu'il en soit, un Couguar adulte a été tué par un chasseur dans le comté de Kent durant l'hiver en 1932. De ce jour jusqu'au nôtre une photographie de cette pelleterie constituait la seule preuve concrète de la présence réelle de ce chat évasif au Nouveau-Brunswick. Puis au mois de novembre 1992, quelques scientifiques ont pu identifier un poil de Couguar dans un excrément d'animal que l'on associe avec des traces probables de Couguar découvertes près de Juniper dans le comté de Carleton. Plusieurs personnes acceptent ces faits comme étant les preuves certaines de la présence actuelle du Couguar au Nouveau-Brunswick. Il n'est pas possible toutefois, à raison de quelques poils, de distinguer la race orientale du Couguar des 11 autres races qui parcourent l'Amérique du Nord, et il est toujours possible qu'un animal captif se soit échappé.

... la condition actuelle de l'animal ici est, depuis longtemps, controversée et incertaine.

Quoique le Couguar est protégé dans la province depuis 1976, grâce à la Loi provinciale sur les espèces menacées d'extinction, la condition actuelle de l'animal ici est, depuis longtemps, controversée et incertaine. Le Couguar a sans doute toujours été très rare au Nouveau-Brunswick, mais en 1977 des sociétés de naturalistes ont commencé à enregistrer les occurrences. Plus de 150 aperçus que les biologistes traitent d'admissibles ont été rapportés dans la province depuis ce temps. Les occurrences au Nouveau-Brunswick viennent de partout à travers la province, avec une concentration très forte au sud-est et très peu venant de l'extrême nord-ouest. Deux rapports d'aperçus d'adultes avec des petits ont été enregistrés. Parmi les autres faits saillants: des photographies de ce qui serait vraisemblablement des marques de la queue d'un Couguar près de ses traces dans la neige de la région du Parc de la baie de Fundy en 1947, des traces photographiées sur la base militaire canadienne de Gagetown en 1963, et un film vidéo très flou qui date de 1990 de ce qui est peut être un jeune Couguar, qui a été fait à Waasis au comté de Sunbury.

Histoire naturelle

La population du Couguar qui a parcouru le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse, le Québec méridonial, le sud-est de l'Ontario et, plus au sud, jusqu'à la Caroline du Sud et le Tennessee, est identifiée comme étant une race distincte, le Couguar de l'est, Felis concolor couguar, depuis 1929. En plus de sa protection par la loi au Nouveau-Brunswick la race du Couguar de l'est a été reconnue comme étant menacée d'extinction par le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, un organisme de conservation de la faune et de la flore provincial et fédéral, et sur le plan international par l'Accord sur le commerce international des espèces menacées d'extinction.

... près d'un tiers des Couguars aperçus au Nouveau-Brunswick serait des animaux noirs selon les personnes qui les ont vus.

D'après ce qu'on en dit, le Couguar de l'est est distingué par sa taille relativement menue, sa couleur rougeâtre et sa raie dorsale foncée. Le caractère distinct de cette race n'est pas encore établi, toutefois, puisque l'on a réussi à examiner si peu de spécimens. On ne sait, malheureusement, presque rien des caractéristiques biologiques distinguant la population du Couguar de l'est. Même les données descriptives de base qui peuvent être vérifiés d'après la variation en la taille et la couleur de ces animaux de l'est est absente.

D'après la plupart des comptes rendus, la couleur des Couguars de l'est varierait de l'or pâle au gris, et même brun foncé. Ces couleurs sont aussi les couleurs normales des Couguars de l'ouest de l'Amérique du Nord. Toutefois, près d'un tiers des Couguars aperçus au Nouveau-Brunswick serait des animaux noirs selon les personnes qui les ont vus. Jusqu'à ce jour, aucun Couguar noir n'aurait été tué en Amérique du Nord.

Parmi les chats originaires de l'hémisphère occidental, seul le Jaguar est plus grand que le Couguar. Au Canada les seuls carnassiers qui dépassent la taille des Couguars sont les ours. Les Couguars mâles des races de plus grande taille peuvent peser jusqu'à 100 kg, près de 50 pour-cent de plus que le maximum obtenu chez la femelle. Les deux sexes ont le poil court, et peuvent mesurer près de 3 m du nez jusqu'au bout noir de leur longue queue. Les rayures du museau et d'en arrière des oreilles sont noires aussi. Les chatons nouveau-nés sont tachetés mais cette coloration disparaît vers l'âge de six mois. Les pattes antérieures de l'adulte sont plus grosses que les pattes postérieures, ce qui aide à subjuguer une proie de plus grande taille.

Les couguars traquent leur proie, surtout les plus grands mammifères tels que le cerf.

Les couguars sont des créatures méfiantes et territoriales qui ont tendance à être plus actives la nuit que le jour. Ces chats sont des grimpeurs accomplis, et quoiqu'ils peuvent nager ils sont peu disposés à le faire. Les Couguars traquent leur proie, surtout les plus grands mammifères tels que le cerf. Leur alimentation peut aussi comprendre le castor, de jeunes orignaux, le porc-épic, d'autres petits mammifères, et parfois même le bétail domestique. Lorsqu'il est à proximité d'atteindre sa proie l'animal bonde en avant, fait deux ou trois grands sauts, et frappe avec une force suffisante pour descendre même de très grands mammifères. D'habitude la proie est tuée rapidement, d'une morsure profonde qui lui rompt le cou, ou par la suffocation qui s'ensuit lorsque la trachée de la victime s'effondre. Par la suite, la carcasse est traînée ou portée en un écarté où l'animal mangera. Si le gibier se fait rare le Couguar peut racler des feuilles et des branches afin de couvrir la carcasse et la réserver pour un autre repas.

Les Couguars sont essentiellement des animaux solitaires. Chaque mâle s'établit un territoire ou portée familière, marquant avec ses griffes des poteaux de senteur qu'on appelle des grattées. Normalement ce territoire empiète sur les territoires de plusieurs femelles mais rarement sur ceux d'autres mâles. Par contre, les territoires des femelles sont souvent juxtaposés. Les Couguars sont polygames, le mâle s'accouplant avec toutes les femelles réceptives qui croisent sa portée familière.

Pour la plupart du temps les Couguars sont silencieux mais comme tout chat ils s'exprimeront par des hurlements et des cris, en particulier durant la saison de reproduction. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle entre l'âge de deux et trois ans, les mâles vers l'âge de trois ans. Quoique qu'il n'y a pas de saison de la reproduction comme telle, la plupart des chatons naissent à la fin de l'hiver et au milieu de l'été suivant une période de gestation de 90 à 96 jours. Un lieu abrité, tel qu'en dessous d'une roche saillie ou un tas de débris, est un endroit choisi pour l'accouchement. Des portées de deux ou trois chatons, mais allant parfois jusqu'a six, surviennent d'habitude tous les deux ans. La femelle quittera le mâle avant la naissance des petits. Les chatons nouveau-nés, avec un pelage laineux et tacheté et la queue rayée, pèsent environ 400 g. Ils ouvrent les yeux vers la seconde semaine. La mère les apportera de la viande vers la sixième semaine et en trois mois ils seront complètement sevrés. Les petits demeurent avec la mère pendant à peu près deux ans durant lesquels ils apprennent à chasser. Les Couguars mâles ne sont pas impliqués dans l'élevage des petits, et peuvent même aller jusqu'à attaquer et tuer des petits lorsqu'ils les retrouvent sans la mère pour les défendre.

La densité de la proie ne serait vraisemblablement pas un facteur qui limite le nombre de Couguars au Nouveau-Brunswick.

Malgré la dévastation de l'espèce, ainsi que de l'habitat du Couguar, depuis l'arrivée des Européens, l'animal a l'une des répartitions les plus étendues de tous les mammifères de l'hémisphère occidentale. Anciennement l'on retrouvait ce chat partout à travers l'Amérique, et au sud, jusqu'en Argentine. La portée du Couguar au Canada reflétait jadis celle du cerf, leur proie préférée, mais aujourd'hui le Couguar n'est commun que dans l'ouest. Et malgré tout, la suppression des primes a permis au Couguar de repeupler certaines parties de ses anciennes portées.

Quoique timides et redoutant les humains le Couguar est un animal qui s'adapte bien. Les Couguars fréquenteront une grande variété de végétation délaissée des humains tant que la proie est présente, ainsi que le couvert nécessaire pour traquer la proie. La récolte du bois au Nouveau-Brunswick a créé beaucoup de terrains reboisés. C'est un habitat idéal pour le cerf et durant notre siècle ces conditions ont entraîné une forte croissance de la population du cerf dans la province. La densité de la proie ne serait vraisemblab-lement pas un facteur qui limite le nombre de Couguars au Nouveau-Brunswick.

Comment aider?

Il n'existe pas de photographies de date récente qui identifient positivement le Cougar au Nouveau-Brunswick. Bien que beaucoup de gens soient convaincus que le Couguar de l'est a survécu dans la province rien ne prouve qu'il reproduit ici. Une confirmation d'activités reproductives est un élément critique du processus de protection du Couguar au Nouveau-Brunswick. Les observations rapportées par le public constituent la meilleure source de ces détails. Vous pouvez contribuer en enregistrant les occasions où vous observerez le Couguar au Musée du Nouveau-Brunswick, où ces incidents sont documentés, ou avec les biologistes de la faune du Ministère des ressources naturelles et de l'énergie du Nouveau-Brunswick.

Bibliographie

Banfield, A.W.F. 1974. The mammals of Canada, University of Toronto Press. Toronto. 438 p.

Ganong, W.F. 1903. On reported occurrences of the Panther (Felis concolor) in New Brunswick. Bulletin of the Natural History Society of New Brunswick, 21: 82-86.

Hansen, K. 1992. Cougar: the American Mountain Lion. Mountain Lion Foundation, Northland Publishing Co., Flagstaff, Arizona. 144 p.

Tischendorf, J.W. 1990. The Eastern Panther on film? Results of an investigation. Cryptozoology 9: 74-78.

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Wright, B.S. 1972. The Eastern Panther: A question of survival. Clarke, Irwin & Company Ltd., Toronto. 180 p.