Le cri de la mésange

03. Le cri de la mésange

L'Orfraie au Nouveau-Brunswick

Condition actuelle

L'Orfraie Orfraie, appelée aussi Grand Aigle de mer, Pandion haliaetus, a une portée globale parmi les plus étendues de tous les oiseaux de proie. L'espèce nidifie à travers l'hémisphère boréal et au nord de l'Asie et de l'Australasie. D'après les scientifiques il y aurait entre 25 000 et 30 000 couples dans tout le monde. Nous ne savons pas encore pourquoi l'Orfraie ne nidifie pas en Afrique, en Amérique du Sud, ni en Indomalaisie. L'Orfraie est un oiseau peu commun dans l'ensemble de la province du Nouveau-Brunswick mais il fréquente assez souvent la côte. Les populations nidifiantes de grande densité au Nouveau-Brunswick se trouvent surtout dans les régions côtières avec de grandes étendues d'eau peu profonde, mais un certain nombre d'Orfraies nidifient près des lacs ou le poisson est abondant. Les Orfraies nidifiantes évitent le haut de la baie de Fundy puisque les eaux y sont vaseuses et ne elles ne permettent pas que l'oiseau décèle le poisson à vue d'oeil.
L'usage de l'insecticide DDT a gravement atteint les reproductions réussies pour les Orfraies au-dessus des Etats-Unis de l'est après 1960. Les populations de l'Orfraie au Nouveau-Brunswick ont également été réduites par l'usage du DDT répandu librement sur les forêts provinciales de 1952 à 1967 pour contrôler les Tordeuses des bourgeons de l'épinette. L'espèce est protégée au Nouveau-Brunswick depuis 1976, grâce à la Loi provinciale sur les espèces menacées d'extinction. Il n'y avait que peu de données sur les populations de l'Orfraie à l'époque mais l'espèce a été proposée comme méritant la protection et des études ont été faites dans la province en 1974-1975. Depuis ces études initiales la population d'Orfraies nidifiants au Nouveau-Brunswick s'est amplifiée considérablement, soulignant de ce fait la notion d'une récupération de cette population qui était sur son déclin. Il y a aujourd'hui plusieurs centaines de couples d'Orfraies nidifiants au Nouveau-Brunswick et la population pourrait continuer à s'accroître.

Histoire naturelle

Au vol, les ailes longues et fines de l'Orfraie, avec leur crochet distinctif et la marque noire au poignet, permettent d'identifier l'adulte et les oisillons à grande distance. En général, l'Orfraie est marron foncé sur le dos et blanc sur le dessous. La femelle de l'Orfraie, dont les ailes atteignent une envergure de 163 cm, est légèrement plus grande que le mâle.

L'Orfraie a tout un répertoire de vocalisations, depuis le <<tchouk, tchouk, tchouk>> sifflé, jusqu'au très sociable <<chirrup>> qu'ils exclament pour se saluer. Pourtant, c'est le sifflement perçant que ces oiseaux émettent lorsqu'ils planent au-dessus de l'eau à la recherche du poisson qui attire l'attention de l'observateur.

Les Orfraies préfèrent les rivières, les lacs, et les baies sur la côte...

Les Orfraies chassent surtout au vol, planant, voltigeant au-dessus, puis levant les ailes subitement ils plongent les pattes pointées vers l'eau pour saisir un poisson. De courtes spicules cornées et tranchantes, exceptionnelles chez les oiseaux de proie, recouvrent le fond du coussin de la patte pour assurer que l'oiseau puisse aisément saisir un poisson glissant. Les serres, longues et effilées comme un rasoir, peuvent se refermer d'un coup sec en 2/100 d'une seconde. L'oiseau a un surplus d'agilité et de stabilité grâce à son orteil extérieur flexible qui peut se renverser, permettant à l'oiseau de saisir avec deux orteils de l'avant et deux orteils en arrière. Les jambes sont longues et sans plumes; l'oiseau peut ainsi pénétrer jusqu'à un mètre dans l'eau au bout d'une plongée. Les Orfraies à la vue perçante aperçoivent les poissons depuis jusqu'à 30 mètres au-dessus de l'eau.

Les Orfraies préfèrent les rivières, les lacs, et les baies sur la côte, où ils se nourrissent de divers poissons tels que le Carrelet, le Hareng, l' Alose tyran, le Rémora, le Poisson-Lune, et la Perche. Ils ne sont pas particulièrement difficiles dans leurs choix, prenant l'espèce la plus abondante, facilement accessible et, bien sûr, de taille convenable. Les Orfraies ont parfois été observées poursuivant de petits mammifères, d'autres oiseaux, des serpents, et des mollusques.

Les premières Orfraies reviennent au Nouveau-Brunswick à la mi-avril...

Les Orfraies de L'Amérique du Nord sont des migrateurs. La plupart hibernent en Amérique Latine, ou autour du bassin de la mer des Caraïbes, avec quelques concentrations en Amérique du Sud. Les premières Orfraies reviennent au Nouveau-Brunswick à la mi-avril et au début on les aperçoit dans le comté de Charlotte et le long du bas de la rivière Saint-Jean. Les oiseaux avancent graduellement le long de la vallée de la rivière Saint-Jean, et le long de la côte. Au bout d'une semaine environ des Orfraies sont observées au centre du Nouveau-Brunswick et dans dix jours dans les comtés de l'est. Les oiseaux arrivent parfois sur la côte nord avant ceux qui pénètrent les régions centrales et de l'ouest de la province. Il se peut que ce soit causé par une migration effectuée sur un front large pénétrant la province au nord et dans les terres aussi bien que le long de la côte. La plupart des Orfraies auront quitté le Nouveau-Brunswick à la fin septembre mais quelques traîneurs resteront jusqu'en octobre, novembre, et même parfois décembre.

... des pénuries d'électricité ont été attribuées à l'activité des Orfraies près des tours hydro-électriques.

Les deux semaines suivant l'arrivée des oiseaux sont consacrées à la réparation de l'ancien nid ou à la construction d'un nouveau nid. Les Orfraies sont reconnues pour leur choix de sites flagrants et insolites pour nidifier. Dans un tel cas un oiseau sur son nid qu'il avait placé sur un moulin inusité a été observé tournoyant au gré de la brise! Les sommets plats d'arbres isolés morts ou vivants sont les sites préférés pour nidifier mais les oiseaux s'installent fréquemment sur d'autres structures telles que les poteaux et tours d'hydro-électricité. A plusieurs reprises des pénuries d'électricité ont été attribuées à l'activité des Orfraies près des tours hydro-électriques. Les sites sont invariablement près de l'eau et exposés, permettant un accès aisé à l'oiseau lorsqu'il atterrit. L'un des sites de nidification les plus denses du Nouveau-Brunswick est situé au lagon Tabusintac où 20 nids ont été observés.

Le nid est une structure massive de bâtons mais beaucoup d'objets insolites tels que des douves de baril, des bottes de caoutchouc, des essuie-meubles en plumes, des poupées, des emballages de hamburger en plastique, et même des carcasses d'animal sont quelquefois incorporés. Le mâle et la femelle se partagent les travaux de construction. Il n'est pas rare de voir qu'un nid bien construit est habité par plusieurs générations d'oiseaux, si l'arbre ne s'écroule pas sous le poids du nid.

A la mi-mai les Orfraies du Nouveau-Brunswick ont déjà produit deux ou parfois trois oeufs d'une belle teinte chamois taché de brun. L'incubation dure environ 35 jours et à la mi-août la plupart des oisillons peuvent voler. Quoique les Orfraies adultes possèdent très peu d'ennemis, leurs oeufs et leurs oisillons sont la proie des goélands, des hérons, des corbeaux, et des raton-laveurs. Des enquêtes sur le site au Nouveau-Brunswick ont démontré que la proportion annuelle de nids productifs peut varier d'un minimum de 37 pour-cent jusqu'à un maximum de 76 pour-cent. Une nidification réussie au Nouveau-Brunswick produit de 1,7 à 2,0 oisillons annuellement, un grand succès comparativement aux autres régions de l'est de l'Amérique du Nord.

C'est surtout la femelle qui s'occupe de l'incubation, l'éclosion des oisillons se produisant par intervalles. Leur premier duvet est court, épais, et couleur de chamois et il sera remplacé en 10 à 12 jours par un second duvet plus dense et laineux. Les oisillons sont alors plus actifs et se déplacent dans le nid. Ils grandissent rapidement et de 70 à 80 pour-cent du poids adulte est atteint près d'un mois après l'éclosion quoique l'emplumage ne se produira pas avant 40 à 55 jours. Les jeunes Orfraies comptent toujours sur leurs parents pour les nourrir pendant 10 à 20 jours suivant leur premier vol. Enfin, vers l'âge de quatre mois, les jeunes ont assez d'adresse pour attraper du poisson et survivre par eux-mêmes et ils rejoindront les adultes pour l'envolée d'automne vers les sites d'hibernement. Les jeunes Orfraies resteront au sud pendant deux à trois ans, après quoi ils auront atteint la maturité sexuelle et ils s'envoleront vers le nord et des sites de nidification tels que le Nouveau-Brunswick.

Comment aider?

Orfraie est peu commune en la province sauf en quelques régions de la côte, mais le déclin de l'espèce sévit toujours ailleurs et les populations reprennent lentement. Comme tous les oiseaux de proie du Nouveau-Brunswick l'Orfraie est protégée. Les oiseaux nidificateurs ne doivent pas être dérangés, et puisque les nids servent à plusieurs reprises, les arbres qui contiennent des nids ne doivent pas être abattus, quelque soit le temps de l'année. Nous pouvons tous secourir la faune telle que l'Orfraie en minimisant ou en éliminant notre usage des pesticides. Lorsqu'on emploie des pesticides il faut disposer de l'emballage de ceux-ci avec grand soin.

Bibliographie

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Poole, A.F. 1989. Ospreys: A natural and unnatural history. Cambridge University Press, Cambridge, Massachusetts. 246 p.

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