Le cri de la mésange

02. Le cri de la mésange

L'Aigle à tête blanche au Nouveau-Brunswick

L'Aigle à tête blancheEn générale, les populations de l'Aigle à tête blanche, l'Haliaeetus leucocephalus, n'ont pas souffert les déclins en nombres sévères qui ont été observés dans les sites de nidification éparpillés des 48 états (bas) des Etats-Unis. Quoiqu'il soit encore commun de voir l'Aigle à tête blanche nidifier dans l'ouest du Canada et en Alaska, il n'a jamais nidifié régulièrement au Nouveau-Brunswick. Depuis 1976 l'Aigle à tête blanche est protégé au Nouveau-Brunswick par la Loi provinciale sur les espèces menacées d'extinction. Il est très encourageant de noter que durant les 20 dernières années le nombre d'aigles qui nidifient régulièrement au Nouveau-Brunswick s'est amplifié de 15 paires jusqu'à 30 paires d'oiseaux. La plus grande partie de cette population nidifiante se trouve au sud-ouest, les nids étant placés près de lacs, rivières, et estuaires ainsi que sur des îles marines. D'après l'évidence des documents historiques il y a moins d'aigles nidifiant dans le nord, y compris le bassin hydrographique étendu de la Miramichi, que dans le passé. Depuis 1950 il y a un déclin également dans les nombres d'aiglons à tête blanche estivant au Nouveau-Brunswick. L'on estime qu'il y avait, avant 1950, au moins une centaine d'aigles qui passaient l'été dans le bas du bassin de la rivière Saint-Jean. A cette époque la région était considérée l'un des habitats estivaux les plus importants de la région maritime du nord-est du continent pour cet oiseau. L'on pouvait observer jusqu'à 18 oiseaux à la fois dans les airs au-dessus de French Lake, comté de York, et il n'était pas rare de voir de 20 à 30 aigles en un jour sur les marais étendus du Nouveau-Brunswick central. Des études faites vers 1975 n'ont révélé qu'une seule paire dans la région. Des études du baguage ont démontré que quelques-uns des aiglons à tête blanche qui passaient l'été au Nouveau-Brunswick ont été élevés dans des nids au sud-est des Etats-Unis, un lieu où plusieurs cas d'échec de nidification ont été notés depuis plusieurs décennies.

Histoire naturelle

Aigle à tête blanche est le plus grand oiseau du Canada. Les ailes de l'adulte peuvent atteindre une envergure de plus de 2 m et l'oiseau peut peser plus de 7 kg. Les oiseaux adultes sont faciles à identifier par leur plumage brun foncé et leurs têtes et queues d'un blanc éclatant. Les aiglons à tête blanche sont tout bruns quoique souvent mouchetés de blanc sur le ventre, le dos, ou la queue. Il faut qu'ils atteignent la maturité à l'âge de quatre ou cinq ans avant d'acquérir la queue et la tête blanches ainsi que les pattes et le bec d'un jaune vif. Ses doigts sont munis de serres puissantes et pointues; idéales pour saisir la proie.

Un aspect important de la stratégie de chasse de l'Aigle à tête blanche est de voler ou de dérober la proie d'un autre prédateur.

Quoique les aigles chassent le plus souvent de perchoirs près de l'eau ils peuvent aussi parfois chasser des airs et même au sol. Le poisson est un aliment important pour l'Aigle à tête blanche mais ils mangent aussi des oiseaux aquatiques et des mammifères de taille moyenne. Un aspect important de la stratégie de chasse de l'Aigle à tête blanche est de voler ou de dérober la proie d'un autre prédateur. Il arrive souvent qu'un chasseur de canards, ébahi, observe l'aigle lui dérobant le canard qu'il vient de tirer, avant qu'il ne puisse le récupérer de l'eau.

L'Aigle à tête blanche est noté pour les roues spectaculaires qu'il exécute lors de son comportement pré-reproductif. Le mâle et la femelle s'élancent tour à tour l'un vers l'autre, évitant tout contact par des glissements rapides de côté et des montées soudaines et vertigineuses dans les airs. Se retournant sur le dos, l'un des oiseaux saisit les serres étendues de l'autre. Le couple descend en vrille vers la terre, ne relâchant leur prise que quelques mètres au-dessus de la surface.

Cette espèce préfère des régions de longs littoraux et de poisson en abondance.

Aucun autre oiseau nord-américain ne construit un nid aussi grand que celui de l'Aigle à tête blanche. Les nids sont de 1,5 à 2,0 m de large et haut d'un mètre. Les Aigles à tête blanche peuvent revenir au même nid tous les ans, lui fixant du nouveau matériel ou réarrangeant l'ancien matériel. Le résultat est souvent un nid énorme. Un tel nid très ancien mesurait 3 m de travers et 6 m en hauteur. Les nids sont constitués de masses colossales de bâtons dont les niches sont doublées d'herbes et de diverses plantes. La construction du nid est surtout la tâche de la femelle, quoique le mâle peut aider lors du transport initial des matériaux.

Une couvée comprend habituellement deux grands oeufs blancs, ternes, bien que parfois au Nouveau-Brunswick il peut y avoir jusqu'à trois oeufs dans un nid. Le mâle et la femelle se partagent le travail de l'incubation. L'éclosion des oeufs se produit après 35 jours d'incubation, à raison d'un oeuf chaque deux ou trois jours. Les oisillons, couvert d'un duvet gris, détiennent l'attention constante des deux parents pour les premiers trois ou quatre semaines de leurs vies. L'aiglon le plus costaud est le premier à recevoir de la nourriture et peut parfois même tuer un des plus petits oisillons. Les jeunes aiglons ne peuvent se nourrir eux-mêmes avant six ou sept semaines. Après 10 ou 11 semaines, le duvet gris fait place au plumage qui leur permet de voler. Les aiglons peuvent alors tenter de courtes excursions sautillant et battant des ailes pour atteindre des perchoirs situés près du nid. Le premier vol a lieu près de 78 jours après l'éclosion. Les aiglons quittent alors le nid mais ils reviennent pour percher et pour manger pendant quelques mois encore. Les premières années sont périlleuses et dans plusieurs populations moins de la moitié des aiglons atteindront la maturité.

Au Nouveau-Brunswick, l'accouplement des Aigles à tête blanche se fait au mois d'avril ou de mai. Le mâle et la femelle défendent alors un territoire de nidification de 1 à 2 km2 contre les autres aigles. Cette espèce préfère des régions de longs littoraux et de poisson en abondance. Les régions côtières et les grands lacs du centre du Nouveau-Brunswick sont idéaux à cet égard.

Les Aigles à tête blanche préfèrent construire leurs nids dans de grands arbres qui leur fournissent une vue sans entrave ainsi que l'accès facile. Quand les arbres sont rares ou inexistants, les Aigles à tête blanche feront leurs nids sur des escarpements de falaise ou même au sol, quoique au Nouveau-Brunswick on n'a observé que des nids situés dans des arbres.

Les Aigles à tête blanche ne sont pas territoriaux sur leur portée hivernale ou ils perchent et mangent communément, parfois en grands nombres. Ils hibernent régulièrement le long de la côte de la Baie de Fundy, en particulier parmi les îles de la Baie de Passamaquoddy et le bas de la rivière Saint-Jean. Le climat, les modalités de la glace, et la disponibilité de la nourriture influencent tous les mouvements de ces oiseaux.

... plus de la moitié des morts notés parmi les Aigles à tête blanche sont causés par les chasseurs et la trappe accidentelle.

Le premier déclin sévère parmi les Aigles à tête blanche date de tard dans les années 1880 principalement aux Etats-Unis. Comme pour plusieurs autres prédateurs l'on considérait que ces oiseaux nuisaient aux intérêts humains et ils ont été chassés et tirés impunément. Quoique beaucoup de gens se sont changés d'attitude, même aujourd'hui plus de la moitié des morts notés parmi les Aigles à tête blanche sont causés par les chasseurs et la trappe accidentelle. La première sanction obtenue sous la Loi provinciale sur les espèces menacées d'extinction au Nouveau-Brunswick est survenue lorsque deux hommes ont été contraints à payer une amende après avoir tiré et battu un jeune aigle jusqu'à la mort.

L'introduction du pesticide DDT à la fin des années 1940 a causé un déclin plus sévère des populations de l'Aigle à tête blanche. Comme pour d'autres oiseaux prédateurs le DDT est devenu concentré dans les tissus organiques des adultes, entraînant des conséquences désastreuses. Les femelles ne pouvaient produire que des oeufs à coquilles minces qui cassaient ou s'écrasaient avant l'éclosion. L'usage du DDT et de d'autres composés semblables a été interdite actuellement en Amérique du Nord et le succès de la nidification reflète ces changements.

Comment aider?

Les populations de l'Aigle à tête blanche canadiennes sont stables ou légèrement croissantes. Au Nouveau-Brunswick cet oiseau magnifique fait des progrès mais il est encore menacé. Le Ministère des ressources naturelles et de l'énergie du Nouveau-Brunswick surveille et contrôle les nids d'aigles de la province chaque année. Nous pouvons tous aider en assurant que les nids des aigles ne sont pas dérangés et que les arbres dans lesquels ils font leurs nids et perchent ne sont pas coupés. L'acidification des lacs peut réduire la quantité et la qualité des poissons disponibles pour les aigles. Il est important que nous exhortions les politiciens à réclamer la coopération internationale et des lois plus rigoureuses afin de contrôler les substances contaminant de l'air qui causent les pluies acides. Les Aigles à tête blanche sont parfois empoisonnés par le plomb ingéré par le gibier d'eau qu'ils ont dérobé ou ramassé. Si vous êtes un chasseur de gibier d'eau assurez-vous que tous les oiseaux sont récupérés.

Bibliographie

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