Le cri de la mésange

01. Le cri de la mésange

Le Faucon Pèlerin au Nouveau-Brunswick


Faucon Pèlerin

La race du Faucon Pèlerin de l'est de l'Amérique du Nord, Falco peregrinus anatum, est considérée comme étant menacée d'extinction sur toute sa portée et au Nouveau-Brunswick elle est protégée depuis 1976 par la Loi provinciale sur les espèces menacées d'extinction. Ce faucon n'est pas un oiseau qui reproduit habituellement au Nouveau-Brunswick. Jusqu'à la fin du dernier siècle le Faucon Pèlerin nidifiait sur les falaises de l'Ile de Grand Manan et du haut de la Baie de Fundy. Malheureusement l'espèce a été accidentellement extirpée sur Grand Manan durant les années 1920. La reproduction avait repris à cet endroit, toutefois, vers 1938 et la nidification a persisté jusqu'en 1948. Après 1960 l'espèce avait disparu en ce qui a trait à la reproduction, principalement à cause du succès mitigé de la nidification suite à la contamination par des pesticides. Les cinq paires nidifiantes documentées au Nouveau-Brunswick depuis 1989 sont le résultat de la relâche de jeunes oiseaux élevés captifs par le Service canadien de la faune et Parcs Canada. C'est une partie intégrale d'un programme qui comprend tout l'Amérique du Nord qui a debuté dans la région de l'Atlantique en 1982 et qui se poursuit par une surveillance des nids.

Histoire naturelle

Les faucons sont reconnus par les battements rapides et fortes de leurs ailes au vol. Le bec crochu et les grandes pattes munies de serres l'identifient comme étant un prédateur. Le Faucon Pèlerin est de la même taille qu'un corbeau, la femelle étant plus grosse que le mâle d'un tiers environ. La sous-espèce anatum du Faucon Pèlerin présente la marque dite <> la plus touffue de toutes les trois espèces qu'on retrouve au Canada. L'adulte varie du blanc au fauve sur le bas du corps, barrée sur la poitrine, le ventre, et les flancs, tandis que le haut du corps est bleu ardoise. Les jeunes oiseaux sont rayés sur la poitrine et le haut du corps est brun foncé.

En générale, ces oiseaux choisissent des escarpements pour nidifier...

Le Faucon Pèlerin est un chasseur rapide et agile. Sa vitesse, sa taille, et sa vue perçante lui permettent de capturer diverses espèces d'oiseaux menus et de taille moyenne, qui constituent la plus grande partie de son alimentation. La poursuite de la proie se déroule surtout dans des régions non-boisées tels que les littoraux, les marais, et les vallées de cours d'eau ouvertes. L'attaque est spectaculaire. Le faucon s'élève dans les airs, entame une plonge vers la proie qui peut atteindre une vitesse d'au-dessus de 350 km à l'heure, et livre à sa victime un coup dévastateur de sa patte repliée. Si la proie s'avère trop lourde à porter l'oiseau la relâche pour la dévorer au sol.

La sous-espèce anatum préfère un paysage ouvert près des falaises marines et intérieures. Les Faucons Pèlerins peuvent voler jusqu'à 30 km au loin de leurs nids pour chasser. En générale, ces oiseaux choisissent des escarpements pour nidifier, mais ils peuvent tout autant nidifier sur des structures fabriquées tels que les édifices et les ponts. Le récit captivant d'une femelle qui a frequenté le 20e étage de l'édifice Sun Life en 1937 est très populaire. Cet oiseau est revenu au site pendant 16 saisons d'accouplement avec trois différents mâles et a élevé 21 oisillons. D'autres nidifications urbaines ont été documenté à Edmonton, Calgary, Winnipeg, et Saint-Jean, mais aucune n'approche la ténacité et la productivité du faucon de la Sun Life. L'incident de la nidification à Saint-Jean était très populaire en 1989, lorsque des observateurs locaux ont découvert une paire nidifiante sous le pont qui franchit le port de la ville. Des jeunes oiseaux ont quitté leur nid sous le pont tous les ans depuis ce temps.

Le mâle et la femelle se partagent l'incubation des deux ou trois oeufs...

Durant la saison reproductive les Faucons Pèlerins sont territoriaux et les nids sont placés à au moins 1 km l'un de l'autre. Ce comportement assure qu'il y aura une quantité suffisante de nourriture pour toutes les paires nidifiantes et leurs oisillons. La femelle prépare le nid en grattant un creux peu profond dans de la terre friable, du sable, du gravier, ou de la végétation morte sur la saillie d'une falaise donnant sur le sud habituellement et souvent sous un escarpement. Le mâle et la femelle se partagent l'incubation des deux ou trois oeufs pour environ 32 jours avant l'éclosion. Lorsque les oisillons émergent de l'oeuf, ils ont des grandes pattes disproportionnées et gris pâles. Leur duvet initial est court, éparpillé, et blanc-crème. Les oisillons développeront plus tard un second duvet qui est long et laineux, chamois-gris sur le haut du corps et blanc dessous. Des plumes apparaissent dès quatre semaines mais le plumage de l'oiseau mûr ne survient qu'en 45 jours environ.

Les mâles tenteront leur premier vol quelques jours avant les femelles. Suite à l'emplumage les parents commencent à instruire les oisillons en l'art de la chasse. L'oiseau parent passe à côté du jeune oiseau, la proie serrée dans ses pattes, pour l'inciter à saisir la proie au vol. Cette période d'instruction peut durer quelques semaines, après quoi les jeunes faucons pourront chasser eux-mêmes.

Le DDT, un pesticide organochloré, constitue la cause principale du déclin de cette espèce.

Le Faucon Pèlerin a souffert un déclin rapide et sévère à travers l'Amérique du Nord après 1950. Le DDT, un pesticide organochloré, constitue la cause principale du déclin de cette espèce. La consommation de proie viciée de ces produits chimiques entraîne une accumulation des résidus de ces substances dans les tissus de l'oiseau. Ces accumulations ne tuent pas l'oiseau adulte mais affectent les coquilles des oeufs pour les rendre fragiles et minces, affectant ainsi le succès de la nidification et entraînant éventuellement un déclin de la population. Il est vraisemblable aussi que la chasse et d'autres activités humaines, y compris le dérangement des sites de nidification, ont contribué au déclin dramatique de l'espèce anatum du Pèlerin. Depuis 1980, et suite à l'interdiction de l'usage du DDT, les populations du Faucon Pèlerin sur notre continent ont stabilisé ou accru pour atteindre, dans un cas, les nombres antérieurs. Ce pesticide est encore utilisé, malheureusement, dans plusieurs pays ou les faucons de l'Amérique du Nord hibernent.

Au Nouveau-Brunswick la migration du Pèlerin atteint son apogée durant les deux premières semaines du mai et les deux premières semaines d'octobre...

Le nom Pèlerin dérive du latin et veut dire errant ou migrateur et, en effet, la portée de ce faucon est parmi les plus étendues de tous les oiseaux du monde. Au Nouveau-Brunswick le Faucon Pèlerin a été aperçu un peu partout, mais on le voit surtout dans le bas du bassin de la rivière Saint-Jean, sur la côte de Fundy, et sur Grand Manan. Au Nouveau-Brunswick la migration du Pèlerin atteint son apogée durant les deux premières semaines de mai et les deux premières semaines d'octobre durant lesquelles les oiseaux passent surtout le long des régions côtières et des vallées de grandes rivières. La plupart de ces oiseaux iront jusqu'en Amérique Centrale ou du Sud pour hiberner. Les nidificateurs du Nouveau-Brunswick reviennent à la province vers la fin du mois de mars ou au début du mois d'avril. A la mi-avril les paires se sont constitué un territoire et à la mi-mai la femelle a déjà produit des oeufs et a entamé l'incubation. Il est rare mais il arrive que parfois les faucons hibernent au Nouveau-Brunswick. Le couple, ou l'un du couple, des oiseaux qui nidifient à Saint-Jean a retrouvé une source d'alimentation sûre parmi la population de pigeons et d'étourneaux de la ville et est souvent aperçu.

Comment aider?

Quoique les populations du Pèlerin commencent à récupérer l'oiseau est encore menacé sur presque toute sa portée. Il y a plusieurs choses que nous pouvons faire pour assurer que cette récupération progresse. Ne dérangez jamais des oiseaux nidifiants, ni l'habitat près des sites traditionnels de nidification. Si vous chassez le gibier assurez-vous de bien identifier votre proie avantde tirer. Souvenez-vous que tous les oiseaux de proie sont protégés au Nouveau-Brunswick. Evitez de préjuger les prédateurs et rappelez-vous que les oiseaux de proie forment une partie intégrale de notre écosystème. L'usage du DDT est interdit actuellement en Amérique du Nord mais bien d'autres pesticides menacent les oiseaux de proie. Prenez le temps de vous familiariser avec des substances alternatives aux pesticides. Limitez ou éliminez votre usage de pesticides ou et quand vous le pouvez.

Bibliographie

Burnett, J. A., and Dauphine Jr., C. T., and McCrindle, S. H., and Mosquin, T. 1989. On The Brink: Endangered species of Canada. Environment Canada and Western Producer Prairie Books, Saskatoon. 192 pp.

Cade, T.J., 1982. The falcons of the world. Cornell University Press, Ithaca, New York. 192 pp.

Erskine, A.J. 1992. Atlas of the breeding birds of the maritime provinces. Nimbus Publishing Ltée. et le Musée de la Nouvelle-Ecosse, Halifax, Nouvelle-Ecosse. 270 pp.

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Martin, M. 1978. Status report on the Peregrine Falcon, Falco Peregrinus, in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa. 45 pp.

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