15 juillet 2015

Découverte des plus vieux pins rouges du Canada atlantique dans une zone naturelle protégée du Nouveau-Brunswick


L’âge de deux pins rouges découverts au Nouveau-Brunswick, soit environ 300 ans, vient tout juste d’être confirmé, ce qui en fait les deux plus anciens exemplaires connus à ce jour au Canada atlantique pour cette essence. Ils ont été découverts il y a deux semaines pendant l’activité Biota NB du Musée du Nouveau-Brunswick, qui s’est déroulée dans la zone naturelle protégée (ZNP) de Nepisiguit.

Ces arbres ont été identifiés par le chargé de cours et dendrochronologiste de l’Université Mount Allison Ben Phillips qui participait à Biota NB 2015. M. Phillips est également le scientifique en conservation de la Réserve de biosphère de Fundy.

« En fait, je cherchais un vieux pin blanc avec d’autres participants de Biota NB quand j’ai repéré un grand pin rouge. Je suis vite allé l’examiner de plus près, explique M. Phillips. Comme je n’avais jamais vu d’écorce aussi noueuse sur un pin rouge, je savais que c’était un exemplaire spécial. Par contre, je m’attendais à ce qu’il soit creux comme beaucoup de très vieux arbres. »

Les zones naturelles protégées telles que celle de Nepisiguit permettent de préserver des forêts anciennes encore existantes dans la province. Les découvertes comme celle qui vient d’être faite revêtent une grande importance parce que, en général, les pins rouges atteignent seulement 150 à 200 ans et que la plupart meurent même beaucoup plus tôt. Épargnés par la tronçonneuse, ces vieillards se sont réensemencés en aval, créant tout un peuplement de vieux pins rouges.

M. Phillips a pu déterminer l'âge de l’arbre grâce à l’analyse de ses anneaux de croissance et à une bonne compréhension de la croissance de cette essence en pleine forêt. À l’aide d’une tarière de Pressler, il a prélevé, entre le centre de l'arbre et l'écorce, une carotte de sondage de la taille d’un crayon.

« Il s’est avéré que l’arbre était solide de part en part et que ses anneaux étaient extrêmement minces et serrés fortement les uns aux autres, explique-t-il. Il était évident que l’arbre avait plusieurs centaines d'années et, quand j’ai levé les yeux, j’ai aperçu un autre pin rouge, presque identique, à seulement quelques mètres. »

Ben Phillips a étudié la dendrochronologie, c’est-à-dire la science des anneaux des arbres, à l’Université Mount Allison il y a plus d’une dizaine d’années. Il n'a jamais auparavant rencontré d’arbres jumeaux centenaires, toutes essences confondues.

« Les zones naturelles protégées du Nouveau-Brunswick préservent une bonne partie du peu de forêts anciennes qui reste dans la province, déclare M. Phillips. Sans cette mesure de protection et cette activité du Musée, je n’aurais eu aucune raison d'aller faire cette exploration. Le fait de connaître maintenant leur existence nous donne une certaine fierté et fait réfléchir à la diminution des forêts du Nouveau-Brunswick. Espérons que cette découverte nous incitera à en faire plus pour sauver les forêts anciennes qui restent parce qu’un monde de créatures peu connues dépend de ces vieux arbres. »

Comme l’explique Donald McAlpine, Ph.D., organisateur de Biota NB et zoologiste provincial auprès du Musée du Nouveau-Brunswick, « Chaque année, nous invitons des chercheurs en biodiversité de toute l’Amérique du Nord à venir découvrir et cataloguer la diversité des organismes vivants de la province. Cette année, nous étions dans la ZNP de Nepisiguit, à côté du parc provincial Mont-Carleton, quand Ben a découvert ces deux pins rouges extraordinaires. D’autres découvertes ont été faites au cours de Biota 2015, entre autres, des espèces de champignons et de vers de terre répertoriées pour la première fois au Nouveau-Brunswick. »

L’édition 2015 de BiotaNB du Musée du Nouveau-Brunswick dans la ZNP de Nepisiguit a été financée, en partie, par le Fonds de fiducie du Nouveau-Brunswick, le ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, le Fonds de fiducie de la faune du Nouveau-Brunswick et Stantec.

En 2005, M. Phillips avait découvert l’épinette rouge la plus ancienne du monde dans le parc national Fundy. Cet arbre, vieux de plus de 465 années, est encore en vie.

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