13 août 2009

À l’occasion du Congrès mondial acadien, le Musée du Nouveau-Brunswick expose une importante découverte faite dans la Péninsule acadienne

 

Découverte à Val-Comeau en 2003, la plus vieille et la plus complète des embarcations d’origine autochtone du Nouveau-Brunswick revient dans la Péninsule acadienne pour y être exposée pendant le Congrès mondial acadien. Cette pirogue, trouvée par Ella et Jean-Claude Robichaud, fait désormais partie de la collection du Musée du Nouveau-Brunswick. Elle sera exposée au Centre Communautaire de Val-Comeau du 19 au 22 août.

Pirogue de Val-Comeau

Âgée d’environ 500 ans, la pirogue a presque certainement été fabriquée par les Micmacs. Lorsque les Robichaud l’ont découverte sur la plage de Pointe-à-Barreau, elle était en bon état, principalement parce qu’elle était restée sous l’eau. Elle a par la suite été transportée au Musée du Nouveau-Brunswick où elle a subi un traitement qui assurera sa conservation à long terme.

L’analyse des carottes d’échantillon prélevées sur l’embarcation par le laboratoire de dendrochronologie de l’Université Mount Allison a permis de déterminer que le pin blanc dont elle est faite a été abattu vers 1557. Des haches et des herminettes de pierre ont été utilisées pour creuser l’arbre. Ce type de pirogue était employé sur les cours d’eau plus importants et les côtes.

Le personnel du Musée du Nouveau-Brunswick, notamment Peter Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick, sera disponible pour renseigner les visiteurs pendant l’exposition. Selon M. Laroque, « lorsqu’un musée reçoit un artéfact aussi important que celui-là, il doit saisir l’occasion de repousser les limites des connaissances de son personnel et lui donner envie d’en savoir plus ».

La chef de la direction du Musée du Nouveau-Brunswick, Jane Fullerton, a déclaré : « Le musée provincial du Nouveau-Brunswick est ravi de participer au Congrès mondial acadien en exposant cette découverte qui nous permet de mieux comprendre et apprécier le riche patrimoine de notre province. »

FICHE D’INFORMATION MÉDIAS

Fabricant inconnu (probablement micmac)
Pirogue, v. 1557
Pin blanc (Pinus strobus)
481 x 68,5 x 28 cm
Don de Ella et Jean-Claude Robichaud, 2006 (2006.34)
collection du Musée du Nouveau-Brunswick, Saint John

Cette pirogue est l’embarcation autochtone la plus ancienne et la mieux conservée du Nouveau-Brunswick. Sa découverte a fourni de nombreux renseignements permettant de mieux connaître et de mieux comprendre le riche patrimoine de notre province.

Pendant l’été 2003, Ella et Jean-Claude Robichaud se promenaient sur la plage de Pointe-à-Barreau, au sud de Val-Comeau, au Nouveau-Brunswick, lorsqu’ils aperçurent un morceau de bois étrangement imposant. S’en étant approchés, ils découvrirent ce qui semblait être une pirogue dont certaines parties étaient sculptées, comme une quille bien formée à l’étrave et une plateforme surélevée à l’arrière. Des analyses préliminaires effectuées par Vincent Bourgeois, des Services d’archéologie du gouvernement du Nouveau-Brunswick, et par le Centre de la science et de la technologie du bois de l’Université du Nouveau-Brunswick, ont révélé que la pirogue avait probablement été construite quatre ou cinq siècles auparavant et qu’elle était en pin blanc. En octobre 2006, l’embarcation a été transportée de la propriété des Robichaud jusqu’au Musée du Nouveau-Brunswick à Saint John pour y être entreposée, y subir un traitement de conservation et à terme, y être exposée.

En février 2007, Colin Laroque et Felicia Pickard, du laboratoire de dendrochronologie de l’Université Mount Allison, ont extrait des carottes de bois de la pirogue en vue de confirmer l’essence utilisée et d’établir la date de construction probable. Après avoir comparé les cercles de croissance de plusieurs carottes de bois provenant du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, ils ont déterminé que l’arbre utilisé pour la pirogue avait sans doute été abattu vers 1557 et qu’il aurait plutôt grandi près de la région de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse que de celle de Val-Comeau, où la pirogue a été découverte. Cette datation a également permis de confirmer que l’embarcation a presque certainement été construite par des Micmacs.

Certains textes anciens d’explorateurs et de pionniers européens font mention de la construction et de l’utilisation de pirogues dans l’est du Canada et aux États-Unis. La fabrication de ces embarcations nécessitait de gros arbres auxquels il fallait tout d’abord retirer l’écorce. L’arbre mourait alors, ce qui facilitait sa récolte. Il était ensuite abattu et creusé avec des haches et des herminettes de pierre. Ce travail aurait aussi été facilité par le brûlage de parties du tronc. Ce type de pirogue aurait sans doute servi à transporter des marchandises et des personnes sur les cours d’eau plus importants et les côtes, notamment pour les trajets à destination d’îles situées au large.

Traitement de conservation

Au cours des cinq dernières années, la science moderne a permis de protéger un objet ancien. Si cette pirogue est toujours en bon état après plus de 450 années, c’est en partie parce qu’elle est restée sous l’eau, où la lumière et l’oxygène n’ont pu l’endommager. Au fur et à mesure que le bois s’est dégradé, il a absorbé de l’eau, ce qui lui a permis de conserver sa forme d’origine. Les scientifiques diraient qu’il s’est trouvé gorgé d’eau. Si le bois avait complètement séché, il se serait déformé, fendillé et désintégré au fur et à mesure de l’évaporation. Voilà pourquoi les archéologues n’oublient jamais la devise : « ce qui est mouillé doit rester mouillé et ce qui est sec doit rester sec! »

Pour assurer la conservation à long terme de la pirogue, Dee Stubbs-Lee (du Musée du Nouveau-Brunswick) et Colleen Day (de Parcs Canada) ont collaboré sur un projet de traitement pluriannuel, effectué au Musée du Nouveau-Brunswick. Lorsque la pirogue est arrivée au musée en novembre 2006, on a construit tout autour un réservoir de traitement réutilisable. Elle a alors été immergée dans une solution d’eau courante, de glycol polyéthylénique (un polymère cireux) et de borate de soude. Ces produits chimiques rigidifient et consolident les parois des cellules du bois afin que celui-ci ne se déforme pas et ne se fendille pas en séchant. Au fil de nombreux mois, les conservatrices ont augmenté la concentration de la solution. Au bout de presque deux ans, la pirogue était suffisamment stable pour qu’on la sorte de la solution. En septembre 2008, elle a été mise à sécher lentement.

Lorsqu’elle sera sèche, sa surface sera consolidée par un revêtement protecteur qui permettra sa manipulation sans risques lors des recherches et de l’exposition. Les parties les plus fragiles, situées le long du plat-bord, ont partiellement été consolidées afin de réduire les risques de dégâts pendant le transport. Il faudra probablement plusieurs mois encore avant que le bois soit suffisamment sec pour passer aux dernières étapes du traitement de conservation, soit l’élimination du glycol polyéthylénique en excès sur la surface, la consolidation des autres parties de la surface et le remplissage des endroits où le bois est manquant.

Il s’agit du tout premier gros travail de traitement de conservation d’un artéfact en bois gorgé d’eau entrepris par le Musée du Nouveau-Brunswick; des restaurateurs ayant un savoir-faire technique dans la conservation du bois archéologique s’en chargent.

Complément d’information :

Vita Kipping
Relations communautaires
Musée du Nouveau-Brunswick
Téléphone : 506 643 2358
Sans frais : 1-888-268-9595
Courriel : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.