Recherches

Le logement en temps de guerre : les modes de vie et la répartition de la population après la guerre à Portland Place, 1946-1955.

Alliance de recherche universités-communautés
Gary Hughes, conservateur – Histoire et technologie

La cinquième et dernière année de ce projet sera marquée par un second été d'entrevues enregistrées de répondants qui, enfants ou adultes, habitèrent à Portland Place pendant la période en question. Les entrevues seront transcrites et les personnes interrogées seront encouragées à trouver des photographies ou des objets (comme des appareils électroménagers) utilisés pendant leur séjour à Portland Place, en vue d’une exposition des projets ARUC qui sera présentée au musée en janvier 2009.

John Cunningham et Matthew Stead : célébrités locales ou trésors nationaux?

Gary Hughes, conservateur – Histoire et technologie

Les magazines d'architecture nationaux considèrent ces natifs de Saint John comme des architectes locaux. Cependant, si on laisse de côté ses réalisations locales originales, une grande partie de la brillante carrière de Cunningham s’est déroulée à Boston. Stead, en revanche, conçut des bâtiments dans toute la province, travailla à Portland, dans le Maine, pendant quatre ans et introduisit au Canada, du moins sur le papier, le style Second Empire. La carrière des deux hommes sera évoquée dans un article présenté à la conférence de l'Association des architectes du Nouveau-Brunswick et de l'Institut royal d'architecture du Canada qui aura lieu à Fredericton le 25 juin 2009.

Les minorités culturelles de Saint John, au Nouveau-Brunswick

Peter J. Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick

Cette enquête quantitative de trois ans a été effectuée en collaboration avec des groupes communautaires, notamment P.R.U.D.E. Inc. (Pride of Race, Unity, Dignity through Education Inc.), qui représente la communauté noire de Saint John, et le Musée historique juif. Ce projet vise à faire mieux comprendre les différentes facettes de deux communautés distinctes vivant à Saint John, ville majoritairement blanche et chrétienne du Nouveau-Brunswick. Il fournit une description de base de chacune de ces communautés minoritaires.

Dans le cas de la communauté noire de Saint John, le manque d'archives et de documents historiques rend difficile notre exploration de la composition et des caractéristiques de ce groupe de citoyens de la ville. Cependant, l'examen minutieux des données de plusieurs recensements soulève des questions particulièrement intéressantes quant aux obstacles rencontrés par la communauté au cours des 225 dernières années. Une base de données nominatives constituée dans le cadre de la collecte de données a été particulièrement utile à la communauté. Cette ressource généalogique populaire a permis de cimenter la définition de la communauté ainsi que le sentiment d'appartenance.  

En ce qui concerne la communauté juive, l'élément le plus important des 150 dernières années est un légendaire groupe d'entreprises, qui a presque entièrement disparu au cours de la dernière génération. Aucune étude de l’importance et de la composition des entreprises n'a été menée pour comprendre leur émergence, leur expansion, et, à terme, leur déclin. Il est possible d'émettre un postulat en analysant les renseignements fournis par les annuaires de la ville, les récits de la communauté et les documents publiés.

Jack Weldon Humphrey : portrait d'un artiste de Saint John, au Nouveau-Brunswick, 1932-1967

Peter J. Larocque, conservateur – Art et histoire culturelle du Nouveau-Brunswick

Les beaux-arts occupent depuis longtemps une place de choix à Saint John. Ville la plus peuplée du Nouveau-Brunswick, celle-ci  a hébergé de nombreux artistes professionnels qui sont parvenus à y vivre de leur art. Au milieu du XXe siècle, la qualité de leurs œuvres a valu une réputation nationale à un petit groupe d'artistes locaux. L'un d'eux, Jack Weldon Humphrey, était né à Saint John en 1901 dans une famille de commerçants prospères de la classe moyenne. Après des études à Boston, New York, Paris et Munich, il revint sans enthousiasme à Saint John, au début des années 1930, alors que la situation financière de sa famille était difficile. Il finit par décider d’y rester et, jusqu'à sa mort survenue en 1967, entretint avec la ville une relation empreinte de regrets.

Malgré ce que l'on pourrait considérer comme un obstacle qu'il s'était imposé, Humphrey était persuadé pouvoir vivre de son art, même en demeurant dans une petite ville industrielle d'une région marginalisée du pays. Cette conviction motiva plusieurs des stratégies qu'il déploya pour atteindre son objectif, comme d’adhérer à des groupes d'artistes professionnels nationaux et internationaux, participer à de nombreuses expositions de groupe et explorer divers modes de production.

Dans le contexte de l'histoire de l'art canadien, l'œuvre d'Humphrey est, jusqu'à 1950, synonyme de représentations de la ville de Saint John et de ses citoyens. C'est ainsi que l'important changement de cap qui caractérisa les 15 dernières années de sa vie a pratiquement été ignoré. 

Lorsqu'il mourut en 1967, Humphrey était parvenu à un moment décisif de sa carrière. La rétrospective itinérante de son œuvre organisée par le Musée des beaux-arts du Canada en était à la moitié de son périple. Pour bien des artistes et le public, cette manifestation peut être considérée comme une reconnaissance cruciale et une affirmation concrète de son succès et de l'importance de son apport à l'art canadien. En réalité, Humphrey fait partie du petit nombre d'artistes néo-brunswickois qui ont obtenu une telle consécration. Malheureusement, cette exposition a été l'unique survol de l'œuvre d'Humphrey jamais entrepris, et au cours des décennies qui se sont écoulées depuis, sa contribution à l'art canadien a cruellement manqué.

Ce projet explore et analyse les facteurs qui ont eu une influence décisive sur la démarche créatrice d'Humphrey et ses efforts pour être reconnu, tout en tenant compte des répercussions de son installation dans une ville industrielle où les appuis financiers et intellectuels étaient restreints.