23 janvier 2012

Une maladie fongique dévastatrice continue à se répandre chez les chauves-souris du Nouveau-Brunswick

 

Des chercheurs du Musée du Nouveau-Brunswick ont découvert de nouveaux sites touchés par le syndrome du museau blanc (SMB), maladie fongique responsable de la mort de milliers de chauves-souris au Nouveau-Brunswick en 2011. Il y a quelques semaines, M. Donald McAlpine, Ph. D., conservateur de zoologie du Musée du Nouveau-Brunswick, et une étudiante de deuxième cycle de l’UNB, Karen Vanderwolf, ont entrepris une inspection des sites d’hibernation des chauves-souris. Lors de leur première tournée des grottes et des mines abandonnées du sud-est du Nouveau-Brunswick, ils ont constaté que le SMB s’était répandu d’un seul site dans le comté d’Albert à trois nouveaux sites dans les comtés d’Albert et de Westmorland. Nous sommes encore au début de la saison d’hibernation et, bien que le SMB ne montre généralement pas de symptômes évidents avant plus tard dans la saison, 10 % à 30 % des chauves-souris examinées dans les sites infectés montraient déjà un duvet de croissance fongique sur leur museau ou des taches blanches sur leurs ailes. Ce sont des signes de cette maladie mortelle.

M. McAlpine et Mme Vanderwolf avaient découvert le premier foyer du syndrome du museau blanc dans les Maritimes, soit au Nouveau-Brunswick en mars 2011. L’unique site infecté hébergeait alors la plus importante population de chauves-souris en hibernation du Nouveau-Brunswick. Quatre-vingt-dix pour cent des quelque 6000 chauves-souris de la grotte semblent avoir péri. Dans l’est de l'Amérique du Nord, plus de 5,5 millions de chauves-souris auraient ainsi disparu. Certains scientifiques des États-Unis envisagent même l’extinction régionale de l’espèce de chauve-souris la plus répandue au Nouveau-Brunswick, la petite chauve-souris brune. « C’est une tragédie pour notre faune, se désole M. McAlpine, et elle n’est pas sans conséquence pour les humains. » Les chauves-souris mangent d’innombrables insectes nuisibles, et des chercheurs américains prévoient que leur disparition coûtera 3,7 milliards de dollars par année aux agriculteurs nord-américains.

Grâce au financement de la Fédération canadienne de la faune, du Fonds de fiducie de la faune du Nouveau-Brunswick, de la National Speleological Society (É.-U.), de Parcs Canada et du ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, M. McAlpine et Mme Vanderwolf ont mis en place un programme pluriannuel de suivi de la propagation et des conséquences du syndrome du museau blanc chez les chauves-souris du Nouveau-Brunswick. Le travail de terrain et l’investigation des sites d’hibernation se poursuivront dans les prochains mois, puis les chercheurs feront des analyses et documenteront leur recherche au Musée du Nouveau-Brunswick.

Même si les chauves-souris sont à l’évidence le principal vecteur de propagation de la maladie, le ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick (MRN) a recommandé aux spéléologues amateurs d’éviter les grottes et les mines où les chauves-souris hibernent. « Il faut tout faire pour ralentir la propagation de la maladie, affirme Mary Sabine, biologiste de la faune au MRN, chargée du dossier du syndrome du museau blanc. Si les chauves-souris sont probablement le principal vecteur de propagation, il est tout aussi probable que des humains aient introduit la maladie par inadvertance de l’Europe à l’Amérique du Nord. »

Le public est invité à téléphoner au Musée du Nouveau-Brunswick (506-643-2300 ou 1 888-268-9595) ou à la Direction du poisson et de la faune au MRN (506-453-3826) si quelqu’un voit des chauves-souris voler de jour pendant l’hiver (janvier-avril), car cela pourrait indiquer qu’il y a un site d’hibernation touché par le SMB dans le secteur.

Renseignements :

Anne McHugh
Musée du Nouveau-Brunswick
Tél. : 506 643-2351
Sans frais : 1-888-268-9595
Courriel : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.